Sans compter, loin s'en faut, parmi les chefs-d'oeuvre du réalisateur des Fleurs de Shanghai, Three Times ou autre The Assassin, Cheerful Wind n'en constitue pas moins un jalon intéressant dans la filmographie de Hou Hsiao-hsien. Pour son deuxième long métrage, le cinéaste taïwanais poursuivait dans la veine de la comédie romantique qui présida...

Sans compter, loin s'en faut, parmi les chefs-d'oeuvre du réalisateur des Fleurs de Shanghai, Three Times ou autre The Assassin, Cheerful Wind n'en constitue pas moins un jalon intéressant dans la filmographie de Hou Hsiao-hsien. Pour son deuxième long métrage, le cinéaste taïwanais poursuivait dans la veine de la comédie romantique qui présidait déjà à son premier opus Cute Girl, dont il retrouvait d'ailleurs les trois comédiens principaux: les chanteurs Feng Fei-Fei et Kenny Bee, ainsi qu'Anthony Chan. Soit l'histoire de Xiao Xinhui (Feng Fei-Fei), une photographe venant d'entamer une relation avec Luo Zai (Anthony Chan), un réalisateur de publicités. Mais qui, à l'occasion d'un tournage dans une petite ville portuaire, s'éprend de Gu Jintai (Kenny Bee), un aveugle qu'elle revoit bientôt incidemment à Taipei. Et les sentiments de la jeune femme de tanguer... Hou Hsiao-hsien imprime à cette comédie romantique une légèreté de circonstance, soulignée encore par un tempo allègre et la musique de Tso Hung-Yuan. S'il y a là, guidé par une héroïne ne s'en laissant pas conter, un divertissement plaisant qui respecte les conventions du genre, la personnalité de HHH s'affirme toutefois par endroits, et notamment dans les magnifiques plans tournés à la campagne, ou dans une mémorable partie de cache-cache. Deux ans plus tard, le talent du réalisateur explosera dans Les Garçons de Fengkuei, sa carrière prenant son envol définitif. Carlotta présente cette oeuvre de jeunesse dans une nouvelle restauration 2K qui rend leur éclat aux couleurs d'origine, assortie d'une intéressante analyse du critique Jean- Michel Frodon.