Avec l'arrivée d'Internet, on l'a dit passé de mode, devenu complètement inutile. De fait, s'il est loin d'avoir tout à fait disparu, le flyer n'est plus l'outil de promotion incontournable qu'il a pu être pour les clubs. Pendant longtemps, il fut en effet le moyen privilégié pour communiquer sur la prochaine soirée. C'est ce qu'entend bien démontrer la nouvelle exposition proposée par l'ADAM bruxelloi...

Avec l'arrivée d'Internet, on l'a dit passé de mode, devenu complètement inutile. De fait, s'il est loin d'avoir tout à fait disparu, le flyer n'est plus l'outil de promotion incontournable qu'il a pu être pour les clubs. Pendant longtemps, il fut en effet le moyen privilégié pour communiquer sur la prochaine soirée. C'est ce qu'entend bien démontrer la nouvelle exposition proposée par l'ADAM bruxellois. En novembre, le musée du design avait inauguré Night Fever, grand parcours sur l'Histoire du clubbing, en collaboration avec le Vitra Design Museum, tout près de Bâle. Ouverte jusqu'au 5 mai, elle brasse large, des expérimentations italiennes des sixties au Paradise Garage new-yorkais jusqu'au Berghain berlinois. Elle est aujourd'hui complétée par une seconde exposition, celle-là entièrement consacrée au clubbing belgo-belge. En travaillant sur le volet local de Night Fever, la commissaire Katarina Serulus a en effet accumulé tout un tas de documents autour du design graphique de la nuit en Belgique: flyers, invitations, affiches... Ce sont eux qui font la matière de Designing the Night. Graphic Design of Belgian Club Culture, 1970-2000. L'expo démarre ainsi avec les visuels du Plan K à Molenbeek qui a servi de plateforme au mouvement punk, invitant des groupes aussi légendaires que Joy Division. Elle ne fait évidemment pas l'impasse sur les années disco new wave, notamment avec des affiches du Mirano issues de la collection privée d'Aldo Gigli, designer graphique et scénographe pour la fameuse boîte de nuit de la chaussée de Louvain. Avec la technologie numérique, les flyers se feront plus élaborés et plus voyants (voire carrément fantasques comme ces mini-bidons de lessive pour annoncer les soirées mousse du Fuse). Ce sera aussi l'occasion pour certains de s'emparer de logos célèbres pour ironiser sur la société consumériste et capitaliste. Ou comment faire d'un simple outil de promotion, un témoin de son époque.