Sorti dans les salles quelques semaines à peine avant le confinement, Little Women a connu une très belle carrière à l'international, achevant de faire de Greta Gerwig ( Lady Bird) une réalisatrice qui compte à Hollywood. Ce film, la jeune Américaine, révélée au cinéma en tant que comédienne chez Joe Swanberg puis Noah Baumbach, le portait en elle depuis longtemps déjà. En grande admiratrice du roman d'origine, profondément féministe par essence, elle en fait mieux que personne ressortir toute l'ardeur des dialogues, vifs ...

Sorti dans les salles quelques semaines à peine avant le confinement, Little Women a connu une très belle carrière à l'international, achevant de faire de Greta Gerwig ( Lady Bird) une réalisatrice qui compte à Hollywood. Ce film, la jeune Américaine, révélée au cinéma en tant que comédienne chez Joe Swanberg puis Noah Baumbach, le portait en elle depuis longtemps déjà. En grande admiratrice du roman d'origine, profondément féministe par essence, elle en fait mieux que personne ressortir toute l'ardeur des dialogues, vifs et cinglants, et puise aussi bien dans la biographie de Louisa May Alcott, son autrice, que dans son propre vécu matière à s'autoriser un final ludique et partiellement modernisé qui ose un petit jeu méta très malin sur le motif du mariage. Construit en allers-retours répétés sur la ligne du temps, ce réjouissant drame choral s'inscrivant dans une longue tradition d'adaptations multiplie les subtils effets miroirs entre passé et présent. Insistante, la partition d'Alexandre Desplat accentue encore la fantaisie recherchée d'un charmant film d'époque au sein duquel la cinéaste parvient à insuffler un élan vital et, mieux, un humanisme profond, mais aussi une complexité et une ambivalence qui se cristallisent bien sûr dans le personnage de Jo March (formidable Saoirse Ronan), héroïne " furieuse et indocile" au coeur gros comme ça. " C'est le récit d'une fille qui essaie de vendre des histoires et c'est quelque chose que je connais bien", s'amusait à souligner Gerwig au moment de la sortie de Little Women. Et le film, en effet, de résonner de manière singulièrement personnelle. Plaisir d'offrir, joie de recevoir: la belle édition Blu-ray de ces nouvelles Filles du docteur March, titre français qui n'a certes jamais été des plus heureux, s'accompagne d'une généreuse volée de suppléments qui invitent à en approfondir le sens et la portée. Plongée dans les coulisses du film, mise en perspective du classicisme et de la modernité de l'oeuvre, justification des décors, des costumes et de la lumière, visite de la vraie maison de Louisa May Alcott et examen de son héritage...L'un des bonus, intitulé Une nouvelle génération d'actrices, donne longuement la parole aux comédiennes et permet de mettre l'accent sur certaines scènes-clés du film. Dans l'une d'elles, Jo s'interroge: " Qui s'intéressera à une histoire de combats et de joies domestiques?" Et Amy, sa soeur cadette, de lui répondre: " Écrire sur eux leur donnera de l'importance." Les filmer aussi.