"Sur écoute"

Après deux premiers volets publiés plus tôt cette année, Bakari lâche aujourd'hui la dernière "saison" de sa trilogie de EP, baptisée Sur écoute. Le titre est évidemment une référence à The Wire de David Simon. Une influence appuyée encore par des pochettes signées de l'incontournable Romain Garcin, reprenant des élé...

Après deux premiers volets publiés plus tôt cette année, Bakari lâche aujourd'hui la dernière "saison" de sa trilogie de EP, baptisée Sur écoute. Le titre est évidemment une référence à The Wire de David Simon. Une influence appuyée encore par des pochettes signées de l'incontournable Romain Garcin, reprenant des éléments visuels-clés de la série culte -le jeu d'échecs pour la saison 1, le divan au milieu des tours pour le dernier EP (et cela bien avant que le décès de l'acteur Michael K. Williams, jouant le rôle d'Omar Little, ne vienne rappeler, s'il le fallait encore, l'importance de la série). Que le jeune rappeur liégeois s'appuie sur une fiction basée sur un long travail d'enquête n'est sans doute pas un hasard. Depuis le départ, Bakari raconte des histoires de rue, qui, aussi fantasmées soient-elles, trouvent leur source dans le réel. " Je suis dans la street, je fais les cent pas/Je suis la déception de mes rents-pa (...) Je préférais braquer, dealer, faire du sale, que de dire "Merci patron"", racontait-il déjà sur Sommet. Aujourd'hui, il confirme, " C'est pas TikTok, c'est pas des Reels" ( Changer). Mais ce qui intrigue surtout chez Bakari, c'est cette capacité à glisser de la mélodie dans ses assonances, à arrondir les angles de son rap vicieux pour y faire rentrer sa mélancolie. Y compris en allant voir parfois jusque dans la chanson ( Ibiza) ou l'afro ( Tout laisser). Reste maintenant à canaliser cette aisance mélodique et à préciser encore un peu le storytelling pour enchaîner avec un premier album qui pourrait faire du bruit.