"Coconut"

Distribué par Domino.
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Distribué par Domino. Avec Matt Helders des Arctic Monkeys, il est l'un des batteurs les plus teigneux et vigoureux d'Angleterre. Peut-être même du monde si on ajoute Dave Grohl sur le podium. Mais Mark Cleveland ne se planque pas juste derrière ses fûts. Il se cache aussi dans l'ombre de son chanteur Sam Windett. C'est lui, Mark le matraqueur, qui écrit toutes les chansons d'Archie Bronson Outfit. " Ma voix est tellement dégueulasse. Je n'ai jamais imaginé chanter. Ni même la vocoder", sourit le lascar moins imbibé qu'à l'habitude, attablé au restaurant de l'Ancienne Belgique. Cleveland a eu le temps de picoler. Archie Bronson Outfit a mis 4 ans pour accoucher de son troisième album et donner un successeur à Derdang Derdang. Disque couillu qui sentait la bière et l'animal. " Le tackle et la mauvaise foi", comme aurait ajouté Miossec. ABO avait déjà commencé à composer en 2007 mais il a dû attendre son producteur... " Pour passer le temps, l'un a peint. L'autre sculpté. Puis, nous avons monté un autre groupe, The Pyramids, avec lequel nous n'avons presque pas tourné. Ma femme en faisait partie et comme nous avons eu un enfant..." Le projet est resté confiné au studio. En attendant, le dernier rejeton d'Archie Bronson est plutôt turbulent. " On avait tendance à nous étiqueter blues. On a voulu aller voir ailleurs. Explorer le post-punk, le krautrock. Coconut , c'est un peu Can qui fait du rock." Ou Archie Bronson qui étire ses chansons et s'inquiète de la production. Lui qui était plutôt du genre old school et sans chichi. Leur sort, les Londoniens l'ont mis entre les mains de Tim Goldsworthy, tête pensante avec James Murphy du label DFA. " Nous avons rencontré Tim via notre maison de disques. Nous avions quelques idées de producteurs. Elle aussi. Je connaissais et appréciais LCD Soundsystem, The Rapture... Mais ce serait mentir que de nous prétendre fans de tout ce que faisait la structure new-yorkaise. " Les 3 Anglais ont enregistré Coconut entre Londres et surtout Benton Harbour, Michigan. " Une ville morte. Pauvre. Avec des bâtiments fermés un peu partout. Une espèce de mini Detroit." Une adresse entre autres recommandée par Electrelane et les Kills (ami de longue date, Jamie Hince avait produit Fur, le premier ABO). Catchy, d'une puissance et d'une efficacité à faire pleurer Lukaku, le son de Coconut en étonnera plus d'un. " L'album n'est pas plus commercial dans le sens où il manque de cohésion et part un peu dans toutes les directions. Mais le groove, la production peuvent peut-être procurer cette impression", reconnaît Cleveland. Pas de quoi passer sur Radio Contact. Le son est lourd. Psychédélique. La voix de Windett noyée. Sur scène, le trio va désormais se faire accompagner de Capitol K (Deerhunter/Atlas Sound, Tune-Yards) pour les samples et quelques percussions. " Nous approchons notre musique différemment maintenant. Disons que nous sommes 3 plus 1. " Marché du CD et du DVD, même combat. On vit dans l'ère du bonus. Le diktat du supplément. Comme Beach House ou dans un passé plus lointain les Liars, le band accompagne Coconut de clips. Autant qu'il y a de chansons sur l'album. " C'est un mythe que ça coûte un pont. Tu peux t'en sortir à l'aise si tu privilégies le lo-fi, le DIY. " CQFD. Le 5/05 au Cactus (Bruges) et le 7/05 au Botanique. Julien Broquet