"Freedom"

Originaire de Philadelphie, Damon McMahon a grandi à la lisière de New York entouré par des skateurs qui fumaient de l'herbe et écoutaient du rap. Et sa grand-mère paternelle, qu'il n'a jamais rencontrée, chantait dans un trio interprétant de la musique traditionnelle des Appalaches à la radio. Après Through Donkey Jaw, sa période freak folk noir, ...

Originaire de Philadelphie, Damon McMahon a grandi à la lisière de New York entouré par des skateurs qui fumaient de l'herbe et écoutaient du rap. Et sa grand-mère paternelle, qu'il n'a jamais rencontrée, chantait dans un trio interprétant de la musique traditionnelle des Appalaches à la radio. Après Through Donkey Jaw, sa période freak folk noir, après Love, son Astral Weeks, le voilà qui signe avec Freedom son oeuvre la plus accessible. Inspiré par le "meilleur" du mainstream, dit-il, citant Michael Jackson, Tom Petty, Oasis, Nirvana, Aphex Twin et Massive Attack (vous n'en trouverez pas des tonnes de traces ici), et commencé alors que sa mère se voyait diagnostiquer un cancer en phase terminale, Freedom parle de vieillir, de grandir, de ne plus avoir peur de la mort et de potes d'enfance qui ont terminé derrière les barreaux. Enregistré et produit entre New York et Los Angeles par Chris Coady (Beach House), Freedom a été entièrement écrit par McMahon mais n'est pas l'oeuvre d'un loup solitaire. Le batteur Parker Kindred (Antony & The Johnsons, Jeff Buckley), Nick Zinner des Yeah Yeah Yeahs ou encore son propre frère (nom de scène Xander Duell) ont participé à sa lente confection (trois ans tout de même). Suivant du mieux qu'ils le pouvaient ses indications, dont McMahon dévoilait dernièrement la teneur étrange dans les colonnes du magazine Spin: "Je veux que tu sonnes comme un robot en train de mourir sur la plage au coucher du soleil". Ou: "Comme David Bowie paradant dans une allée sombre éclairée par des lampes à gaz en mangeant des dim sum". La recette d'un disque hautement recommandable qui réchauffe autant qu'il hante.