Fille d'un prédicateur jamaïcain, elle fut la muse d'Andy Warhol, a eu un enfant avec Jean-Paul Goude et reste l'une des conquêtes les plus remarquées de James Bond. Elle inventa le transformisme avant même qu'Arturo Brachetti se déguise avec les fringues de sa mère. Modèle de Lady Gaga et de Rihanna, Grace Jones reste à bientôt 70 ans (elle les fêtera le 19 mai) la reine du dancefloor et de toutes les excentricités. Qu'elles soient visuelles ou vestimentaires d'ailleurs. Lo...

Fille d'un prédicateur jamaïcain, elle fut la muse d'Andy Warhol, a eu un enfant avec Jean-Paul Goude et reste l'une des conquêtes les plus remarquées de James Bond. Elle inventa le transformisme avant même qu'Arturo Brachetti se déguise avec les fringues de sa mère. Modèle de Lady Gaga et de Rihanna, Grace Jones reste à bientôt 70 ans (elle les fêtera le 19 mai) la reine du dancefloor et de toutes les excentricités. Qu'elles soient visuelles ou vestimentaires d'ailleurs. Look androgyne, corps sculptural, physique de panthère et oeil visionnaire... La chanteuse et mannequin avait toujours jusqu'ici contrôlé son image publique avec acharnement. Elle avait même en 2015 cosigné avec Paul Morley sa biographie Je n'écrirai jamais mes mémoires. La diva pop, disco queen, a cette fois accepté de se laisser suivre pendant plus de dix ans. Et ce jusque dans les moments les plus intimes de sa vie. Ancienne collaboratrice de Peter Greenaway, Sophie Fiennes ( Over Your Cities Grass Will Grow, The Pervert's Guide to Ideology...) signe un portrait intime et globe-trotteur. Colle aux basques de l'artiste. Nous promène de ses terres natales jamaïcaines à Paris dont elle déplore l'actuelle vie nocturne. Elle, l'éternelle créature de la nuit. On se retrouve avec Grace et sa famille à Kingston et Spanish Town. On la voit attendre et traquer les mercenaires Sly et Robbie qui n'arrivent pas au studio, loué avec ses propres deniers. Puis négocier par téléphone avec le duo de marchands de tapis. On la retrouve ensuite à Paname, dans les coulisses d'une émission de télé qu'elle fait en serrant les dents pour financer son disque et en garder le contrôle artistique. Bloodlight and Bami (son titre anglais) mêle les petites scènes de la vie quotidienne, professionnelle et privée, avec celles des shows monumentaux et des coulisses mais en dit davantage sur Jones que toutes les archives du monde. Beaucoup d'autres artistes n'auraient pas supporté pareil traitement. De si longs et nombreux extraits de concerts qui dans leur cas auraient fait office de remplissage. Mais la présence scénique de l'éternelle Grace, ses looks incroyables et les textes sous-titrés de ses chansons se suffisent à eux-mêmes. Et terminent de raconter cette femme forte, libre, intelligente, visionnaire et exigeante... Un docu musical différent. À son image.