Nul n'a oublié Fuocoammare, documentaire de Gianfranco Rosi jetant une lumière crue sur le drame des réfugiés. Cette réalité, elle se trouve aujourd'hui au coeur de Styx, du cinéaste allemand Wolfgang Fischer. Lequel, s'il l'aborde par le biais de la fiction, est aussi animé par un souci constant de vérité, avec pour résultat une expérience de cinéma immersive à l'impact surmultiplié. Ce projet, le réalisateur et sa coscénariste, Ika Künzel, ont commencé à le caresser il y a neuf ans déjà, la tiédeur des financiers en différant toutefois l'aboutissement. "Même si elle n'avait pas encore l'ampleur qu'on lui connaît aujourd'hui, la crise des réfugiés était déjà présente, et il était évident que le sujet des migrations allait nous occuper pendant les années à suivre, explique-t-il, de passage au festival de Gand. Nous avons donc voulu faire un film à ce propos, sachant d'entrée de jeu qu'il s'agirait aussi d'un film sur nous-mêmes, questionnant qui nous sommes, mais aussi qui nous voulons et qui nous devons être dans le monde d'aujourd'hui."
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