C'est l'histoire d'une quête d'harmonie fragile. Dans un petit village reculé de Macédoine, Hatidze, une apicultrice, vit dans la simplicité et le dénuement avec sa vieille mère malade qui ne sort plus et prétend s'être transformée en arbre. Continuant à récolter de manière traditionnelle, Hatidze prélève ...

C'est l'histoire d'une quête d'harmonie fragile. Dans un petit village reculé de Macédoine, Hatidze, une apicultrice, vit dans la simplicité et le dénuement avec sa vieille mère malade qui ne sort plus et prétend s'être transformée en arbre. Continuant à récolter de manière traditionnelle, Hatidze prélève uniquement le miel nécessaire pour assurer sa subsistance. Elle veille ainsi toujours à en laisser la moitié à ses abeilles. Mais l'arrivée de voisins trop gourmands vient menacer cette saine entente... Filmé sur une période de trois ans, monté à partir de près de 400 heures de rushes, ce documentaire macédonien plastiquement assez époustouflant fait l'impasse sur toutes les facilités d'usage -voix off, témoignages ou explications face caméra...- pour privilégier une matière brute à l'éclat de miel pur. Pourtant, en termes de dramaturgie, on se croirait souvent dans une fiction, impression renforcée par le soin particulier apporté à la photographie -ces intérieurs à la Vermeer...- et une tendance à isoler la très solaire protagoniste en détail minuscule inscrit dans la vaste étendue de paysages majestueux. Si le film fonctionne bien sûr à la manière d'une allégorie limpide des profonds déséquilibres que l'homme a pu faire peser sur la nature par simple appât du gain, son épure esthétique, narrative et morale renvoie à la portée universelle des mythes anciens et des grands récits des origines. Une étonnante expérience de cinéma.