L'artiste de 52 ans est connue pour ses immenses dessins tracés en lignes répétitives ondulant irrégulièrement du sol au plafond sur l'entièreté des murs et qui pourraient être, comme lui dira un jour une visiteuse, "des photos du vent".

Ici, on évoquerait plutôt un "paysage" dont la ligne d'horizon placée très bas, exalterait ciel nocturne ponctué du jaune des étoiles lointaines posées en ordre dispersé. On pourrait s'accrocher à cette première impression mais aussitôt, une même zone aux teintes de terre, posée verticalement sur le côté droit contrarie l'hypothèse et impose le voilage comme le sujet véritable.

Fait de ponctuations inscrites en vagues et ressacs, il forme une trame scintillante et translucide rebelle à toute forme de régularité orthogonale. La trame est légère, fluide, vivante. On est loin des jeux gratuits de l'art optique, loin aussi des espaces interstellaires d'Anselm Kiefer. Et pourtant, l'idée d'un au-delà lointain demeure.

On se rappellera alors peut-être davantage le ciel qu'inventa le premier des metteurs en scène de l'histoire de la peinture au XIVe siècle, le Toscan Giotto. Sur le mur du fond de l'Arena de Padoue, ce dernier composa un Jugement Dernier dont les diverses scènes de personnages réalistes seront comme suspendues et en apesanteur devant un ciel bleu. Or, celui se révèle, dans la partie supérieure, n'être qu'un écran, un fond de théâtre que deux anges, de part et d'autre de la surface, déroulent à la manière d'un tapis de sol, révélant ainsi un évident "arrière-monde".

Sept siècles plus tard, Linn Meyers, intuitivement et à l'écoute autant de son corps que de la fragilité du monde, propose une autre vision. Par une sorte de sismographie à la fois du temps, de la nature et de l'espace, elle outrepasse la dualité ciel-terre, proche et lointain, solide et aérien.

Le voilage dissimulerait alors moins un infini qu'une surface infranchissable comme le ciel de Giotto mais aux teintes d'ocres de terre sur lequel glisse, tout aussi inatteignable que l'infini de Kiefer et l'arrière monde du maître toscan, les frémissements du vivant : "Je ne donne jamais de titre à mes oeuvres, confiait l'artiste, afin que chacun puisse imaginer son propre voyage."

Jason Haam Gallery, Séoul. Artbrussels, du 25 au 28 juin. www.jasohaam.com

L'artiste de 52 ans est connue pour ses immenses dessins tracés en lignes répétitives ondulant irrégulièrement du sol au plafond sur l'entièreté des murs et qui pourraient être, comme lui dira un jour une visiteuse, "des photos du vent". Ici, on évoquerait plutôt un "paysage" dont la ligne d'horizon placée très bas, exalterait ciel nocturne ponctué du jaune des étoiles lointaines posées en ordre dispersé. On pourrait s'accrocher à cette première impression mais aussitôt, une même zone aux teintes de terre, posée verticalement sur le côté droit contrarie l'hypothèse et impose le voilage comme le sujet véritable. Fait de ponctuations inscrites en vagues et ressacs, il forme une trame scintillante et translucide rebelle à toute forme de régularité orthogonale. La trame est légère, fluide, vivante. On est loin des jeux gratuits de l'art optique, loin aussi des espaces interstellaires d'Anselm Kiefer. Et pourtant, l'idée d'un au-delà lointain demeure. On se rappellera alors peut-être davantage le ciel qu'inventa le premier des metteurs en scène de l'histoire de la peinture au XIVe siècle, le Toscan Giotto. Sur le mur du fond de l'Arena de Padoue, ce dernier composa un Jugement Dernier dont les diverses scènes de personnages réalistes seront comme suspendues et en apesanteur devant un ciel bleu. Or, celui se révèle, dans la partie supérieure, n'être qu'un écran, un fond de théâtre que deux anges, de part et d'autre de la surface, déroulent à la manière d'un tapis de sol, révélant ainsi un évident "arrière-monde". Sept siècles plus tard, Linn Meyers, intuitivement et à l'écoute autant de son corps que de la fragilité du monde, propose une autre vision. Par une sorte de sismographie à la fois du temps, de la nature et de l'espace, elle outrepasse la dualité ciel-terre, proche et lointain, solide et aérien. Le voilage dissimulerait alors moins un infini qu'une surface infranchissable comme le ciel de Giotto mais aux teintes d'ocres de terre sur lequel glisse, tout aussi inatteignable que l'infini de Kiefer et l'arrière monde du maître toscan, les frémissements du vivant : "Je ne donne jamais de titre à mes oeuvres, confiait l'artiste, afin que chacun puisse imaginer son propre voyage." Jason Haam Gallery, Séoul. Artbrussels, du 25 au 28 juin. www.jasohaam.com