Depuis plus de dix ans, la chorégraphe bruxelloise Caroline Cornélis et sa compagne Nyash proposent de la danse contemporaine aux enfants en prenant pour point de départ une réalité concrète qui leur est familière. Après la terre et le modelage dans Terre Ô et les chaises dans Stoel, c'est la cour de récré qui figure au centre de 10:10, soit l'heure de ce moment servant de soupape pour relâch...

Depuis plus de dix ans, la chorégraphe bruxelloise Caroline Cornélis et sa compagne Nyash proposent de la danse contemporaine aux enfants en prenant pour point de départ une réalité concrète qui leur est familière. Après la terre et le modelage dans Terre Ô et les chaises dans Stoel, c'est la cour de récré qui figure au centre de 10:10, soit l'heure de ce moment servant de soupape pour relâcher la pression des heures de (quasi-)immobilité et de (quasi-)silence en classe.Un carré délimité par une minuscule digue de sable sert d'espace de jeu à trois danseurs (Colin Jolet, Agathe Thévenot et Julien Carlier) qui vont y entrer après qu'un batteur (Tom Malmendier) l'ait soigneusement nettoyé, passant du balayage du sol au balayage de ses caisses en une mise en route percussive.Dans une danse souvent clownesque, empruntant pas mal au contact improvisation et un peu au hip-hop, ils évoquent cette aire de liberté où s'expriment les rivalités et les jalousies, ce royaume de la course et des jeux de ballon, de l'imagination et de l'exploration inlassable du sol, des jeux de mains, de pieds et de mots. Ralentissant leurs pas et leurs tirages de tresses en un slow motion burlesque, s'excitant tous ensemble sur la batterie pendant que le percussionniste officiel s'empare du sol avec ses baguettes, faisant bon usage d'un pouvoir magique capable de diriger les doigts dans le nez ou encore attisant la convoitise d'un bonbon ostensiblement déballé, le quatuor enchaîne presque sans temps mort, alors qu'une bande-son préenregistrée -vents, cordes, chansons, chuchotements, discussions d'enfants...- se déroule en complément de la musique live.Les enfants s'y reconnaissent sans peine, les adultes se souviennent et se demandent où se trouve aujourd'hui leur cour de récré de grands, où se lâcher complètement.