Survivre au progrès

01/06/12 à 16:17 - Mise à jour à 16:17

Sans révolutionner le genre, ce documentaire nous place face à nos responsabilités. Courir, c'est bien. Courir dans le mur, un peu moins.

Survivre au progrès

© 2011 Cinémaginaire/Big Picture Media Corporation/National Film Bord of Canada

SURVIVRE AU PROGRÈS, DOCUMENTAIRE DE MATHIEU ROY ET HAROLD CROOKS. ***
Ce mardi 5 juin à 20h35 sur Arte.

Voire défiler, dans le générique d'ouverture, le nom de Martin Scorsese (à la production) est souvent gage de qualité. On s'imagine, en tout cas, que l'heure suivante ne sera pas perdue. Le grand metteur en scène new-yorkais appuie ici un projet documentaire en forme de sonnette d'alarme. Mathieu Roy et Harold Crooks y décortiquent minutieusement les enjeux du progrès. Dans une civilisation qui, à force de se dépêcher, semble courir à sa perte, la notion de progrès pose en effet question. Pas étonnant de découvrir, chez plusieurs intervenants, un certain embarras quand on leur demande de définir précisément le terme. De fait, qu'est-ce qui pousse l'Homme à aller de l'avant, sans cesse, au risque d'atteindre le précipice? Qu'est-ce qui tient du réel progrès, et qu'est-ce qui tient de la régression cachée? Quand finira-t-on par comprendre qu'il faut ralentir?

Ce documentaire canadien tente de cerner la question en balayant divers domaines de recherche. Economie et biologie, physique et sociologie, démographie, littérature, etc. S'il s'ouvre sur une séquence passionnante, exposant les réactions distinctes d'un enfant et d'un chimpanzé face à un problème de même nature, le film bifurque rapidement vers des terrains maintes fois explorés. Ceux de la critique des banques et du système financier, de la déforestation et de la course au profit. Il le fait avec brio, certes, mais sans réellement apporter de regard bouleversant sur une question devenue relativement consensuelle. Reste que la pertinence des éclairages soumis par les nombreux intervenants (notamment une approche historique de la question de la dette), ne peut faire de mal à personne. Au contraire, elle rend la démarche toujours aussi salutaire.

Guy Verstraeten

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