Les Diablesses

04/11/11 à 16:44 - Mise à jour à 16:44

Surprise à flirter avec un garçon, Sylvie, une adolescente, est envoyée dans une maison de correction extrêmement violente, tenue par des soeurs.

Les Diablesses

© PG

Le propre de 60% des téléfilms produits en France, c'est d'évoquer, souvent frontalement et avec autant de nuances que François Pirette, les faits de société. L'objectif étant d'être le plus immédiat et le plus démonstratif possible. Dans ce lot d'oeuvres généralement peu excitantes, se glisse, çà et là, une petite perle. Ou en tout cas une fiction dont on se dit qu'elle a pour elle la dignité. C'est le cas des Diablesses, mis en images par cette vieille connaissance d'Harry Cleven, acteur chez Godart, Delvaux, Zulawski, Van Dormael ou Corneau, et qui lui-même porta certains de ses films dans les salles obscures.

On sent une véritable maîtrise dans la direction d'acteurs à la vue de cette fiction poignante, où le destin d'une jeune fille née au mauvais endroit nous est relaté. Les années 50... Certaines institutions religieuses, véritables maisons de redressement, recueillaient alors les adolescentes qui s'écartaient du droit chemin. Filles-mères, rebelles, fugueuses... A l'époque, ces établissements moyenâgeux servaient de prisons à ces gamines, tant les traitements qu'on leur infligeait sentaient l'enfermement, la brimade, l'humiliation. Dans le cas présent, on suit l'histoire de Sylvie, une jeune fille découverte par son paternel en train d'embrasser un garçon. La sentence ne se fait pas attendre et Sylvie se voit, dans la foulée, placée dans une institution pour "filles perdues". Et le calvaire commence. Harry Cleven filme avec beaucoup de sensibilité cette douloureuse histoire, dans laquelle l'adolescence volée de Sylvie, conjuguée aux drames vécus par ses congénères, noue véritablement la gorge. L'Eglise, qui orchestrait ces pratiques, n'en sort une nouvelle fois pas grandie...

Guy Verstraeten

LES DIABLESSES, TÉLÉFILM D'HARRY CLEVEN. AVEC ANNA MIHALCEA, MARIANNE BASLER, ANNIE GREGORIO. ***

Ce samedi 5 novembre à 20h50 sur La Une.

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