James Ensor au Quai des Belges, à voir seulement pour Arno, puis dodo

29/09/10 à 11:32 - Mise à jour à 11:32

Il est vraiment dommage de proposer une émission de 58 minutes sur un artiste aussi exubérant que James Ensor, et de la présenter de cette manière aussi soporifique et conventionnelle. Endormant.

James Ensor au Quai des Belges, à voir seulement pour Arno, puis dodo

© DR

James Ensor, merveilleux observateur de la comédie humaine, flamboyant avant-gardiste fasciné par le carnaval du monde, méritait mieux que ce documentaire de 58 minutes proposé par Quai des Belges à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance. L'honnêteté nous commande de confesser que nous nous sommes endormis devant Les Ensortilèges de James Ensor. Lamentablement, comme ça, assis dans le fauteuil de notre bureau d'où nous visionnions le DVD envoyé à la presse par le service communication de la chaîne.

Il faut dire que ce film a tout fait pour. Dissection. D'abord il y a le comédien-narrateur qui en fait des tonnes pour les rangs du fond (mais on n'est pas au théâtre!). Un Suisse (drôle d'idée) à l'accent des cantons de là-bas bien prononcé. C'est-à-dire traînant. Donc forcément, sur la longueur, un brin soporifique. D'autant que celui qui endosse la voix off parle 58 minutes durant, sans discontinuer ou presque, racontant par le menu la vie et l'oeuvre du natif d'Ostende. Ce qui ne serait pas gênant si les images placardées sur l'écran appuyaient le propos avec un minimum de dynamisme. Mais ici il s'agit d'une enfilade de plans fixes sur des oeuvres du peintre, à quelques rares exceptions près. Pierre Alechinsky intervient ainsi vers la 40e minute, première prise de parole d'un témoin réel de ce film.

Et puis il y a le texte, ampoulé et rasoir. Enfin, la musique, oeuvre originale censée sublimer les intentions des toiles montrées, lance des gémissements de clavecins à la limite du supportable.

Non, s'il faut regarder une chose ce soir, c'est l'introduction au documentaire livré par le chanteur Arno, unique invité de ce Quai des Belges, ostendais lui aussi, affectionnant tout particulièrement le peintre de L'Entrée du Christ à Bruxelles. Le reste atteint le niveau zéro de la sexyness télévisuelle, loin donc de l'outrance, de l'exubérance de celui auquel il est censé rendre hommage.

Quai des Belges: James Ensor, 21.35 sur Arte Belgique.

Emission présentée par Hadja Lahbib.

Myriam Leroy

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