J'aime les Belges

06/01/11 à 17:35 - Mise à jour à 17:35

Ca va sentir le Plat pays. Et pas qu'un peu ici. Le grand Jacques est convoqué une (nouvelle) fois par La Une (c'est une rediffusion) pour confier au monde sa douloureuse origine belge.

Un documentaire de France Brel.

Ce vendredi 7 janvier à 20.50 sur La Une.

J'aime les Belges

Douloureuse, parce que Brel semble aussi tiraillé que paradoxal quand il évoque sa belgitude, quand il raconte ses racines, son pays. Sa fille, la réalisatrice de ce documentaire parfois un peu longuet mais éclairant, ne s'appelle-t-elle pas France... Au fil des images d'archive, de ces confidences lâchées par l'un des plus grands artistes locaux du XXe siècle, on a l'impression que Brel anone, se contredit, quand il lance "notre pays est fantastique", "la Belgique est une vue de l'esprit, un pays artificiel", "je suis flamand", "toutes mes chansons sont belges" et on en passe. Comme si Brel, né et élevé à Bruxelles, aimait profondément ses origines tout en se débattant frénétiquement contre elles. Ainsi d'un Jacques s'épanouissant avec l'accent bruxellois autour de lui, mais interdisant à ses filles de se l'approprier.

Déroulé entre chansons, entretiens avec l'homme de la Mancha (il faut rester jusqu'au générique pour entendre son irrésistible version brusseleir de La Quête), conversations avec les proches sur fond d'images d'archives, le film de France Brel a l'intelligence de rester scotché à son sujet, celui du rapport entre son père et la Belgique. Tout simplement, d'abord, parce que cette thématique semble inépuisable dans l'esprit de l'auteur des Flamingants, de Bruxelles ou d'Il neige sur Liège. Et ensuite, parce qu'elle est indissociable de son oeuvre et de sa vie, lui qui affirmait qu'on passait une existence à compenser son enfance, enfance qui, dans son Bruxelles à lui, eut l'apparence grise d'un triste automne éternel. On peut ne pas aimer Brel ou être irrité par certaines de ses chansons, mais le voir disserter sur le pays avec la force de son intelligence et avec cette relation amour-haine qu'il entretient avec la Belgique, méritait assurément qu'on mette ce documentaire en exergue, dans une période où la nation toute entière se remet en question. D'autant qu'il sera suivi d'un film dédié à l'une des plus célèbres photos de la chanson française, celle où 3 génies (Brel-Brassens-Ferré) sont réunis dans une station radio pour une papote de géants.

Guy Verstraeten

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