Open Live Project: retour aux sources du hip hop

24/05/12 à 12:06 - Mise à jour à 12:06

Six rappeurs et deux DJ's réunis pour un concert mixtape dans le cadre de l'Open Live Project. Le concept a été conçu et imaginé par BCS, mais c'est avec l'aide de l'association Lezarts Urbain, dont Stéphanie Nikolaïdis fait partie, que le projet se réalise. Elle a répondu à nos questions.

Open Live Project: retour aux sources du hip hop

© DR

Quelle est l'idée derrière l'Open Live Project?

On est parti de deux constats, tout d'abord, il y a peu de scènes où les rappeurs belges peuvent se produire. Il s'agit de créer une scène en plus, un concert auquel ils peuvent participer. Ensuite, on s'est rendu compte qu'il y a parfois un manque de dialogue entre les différentes générations du rap. Il y en a une plus "âgée" qui a déjà un certain parcours et puis il y en a une toute nouvelle qui arrive. Il y a des incompréhensions entre eux qui sont parfois dû à un manque de communication et d'endroits où ils peuvent se rencontrer. Avec ce projet, on a voulu essayer de faire quelque chose d'intergénérationnel.

Qu'entendez-vous par génération?

Ce n'est pas une question d'âge, mais plus une question de pratique et d'expérience des gens. Il y en a qui peuvent être très jeunes, mais avoir une grosse pratique dans le rap et d'autres plus âgés qui ont eu peu l'occasion de pratiquer.

Pourquoi sortir le rap du bling bling?

On avait envie de revaloriser l'image du rap qui, au travers de certains médias ou l'attitude de certains rappeurs, montre un côté un peu plus bling bling. On a eu envie d'en montrer les différentes facettes. Il y a un rap plus conscient, un autre plus pour amuser les foules, un autre qui veut faire passer des messages, ou encore un rap exutoire. On voulait montrer que le rap, ce n'était pas que ce côté bling bling, que ça reflète aussi d'autres choses.

Le concept est basé sur une mise en avant du DJ, pourquoi?

À la base dans le hip hop, le DJ était central, tout s'articulait autour de lui. Notamment lors des blockparties, qui ont été les premiers événements organisés en hip hop, rien ne se créait sans DJ. C'est autour de lui qu'est venu se greffer le rappeur qui lui venait en appui. Il était là pour donner envie aux gens de lever les mains et de s'amuser. Le rappeur à la base ne racontait pas grand-chose, c'était un soutien au DJ. Après, ça s'est tout doucement transformé, le rap a pris une place de plus en plus grande. On a voulu remettre les DJ's en avant parce qu'ils sont les personnages centraux dans cette musique. Ils sont en quelques sortes les maîtres d'orchestres de cet événement.

Quels sont les objectifs de cette première édition?

On va voir comment ça fonctionne. Il y a plein de questions qui nous trottent en tête: est-ce c'est une bonne idée? Est-ce qu'il y a une demande auprès des artistes? Est-ce que le public va apprécier cette démarche? Et puis en fonction des réponses, on rempilera peut-être pour une deuxième édition. En tout cas, du côté des artistes, on nous demande déjà quand elle aura lieu. Ce qui va être un indicateur important, c'est le public. Comme la programmation se fait sur base des candidatures, ce ne sont pas spécialement des artistes connus qui vont ramener plein de gens. On espère donc les attirer à travers le concept, mais on compte aussi sur le public que chaque artiste a déjà pour remplir notre salle.

Concrètement, comment ça va se passer ?

Le but est de faire travailler les rappeurs ensemble. On a fait pas mal de répétitions, pour que le tout soit assez cohérent, ce qui n'est pas habituel dans le milieu. Dans la plupart des concerts de rap, si, par exemple, il y a cinq rappeurs qui sont programmés, ils vont passer les uns après les autres sans nécessairement se rencontrer. On a voulu faire en sorte qu'ils se succèdent dans une suite logique, qu'ils interagissent ensemble, d'où l'idée d'organiser le concert sur le principe d'une mixtape, il n'y a pas d'interruption sauf celles gérées par les DJ's. Chaque artiste interprètera quatre de ses morceaux qui ont été organisés en fonction des thématiques. C'est aussi les BPMs qui ont été décisifs pour choisir l'enchainement.

Aude van den Hove (stg)

L'Open Live Project a lieu le 26/05 au petit théâtre Varia, plus d'infos http://openliveproject.com/

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