John Grant: "Le refus du mariage gay, c'est la conséquence d'une morale bourgeoise"

07/10/15 à 14:24 - Mise à jour à 18:57

Source: Focus Vif

Un troisième album de mélancolie sanguine et de synthés hérissés: John Grant parle de sa séropositivité, d'une jeunesse pas très gay et de l'Amérique réac.

En parcourant diverses interviews online en amont de la rencontre, on comprend d'emblée que John Grant en dit volontiers beaucoup sur lui-même. Une sorte d'anti-Lou Reed, loin de la morne mécanique de l'exercice promo, particulièrement lorsque l'artiste cause à huit ou dix interlocuteurs d'affilée. Mais la lecture digitale d'une vie bousculée ne prépare pas complètement au récit à la première personne. Une après-midi de septembre à Paris, la chair en est différente. Grant, 47 ans, raisonnablement grand et large, coiffé d'un bonnet de laine, évoque davantage un viking en permission qu'un auteur de chansons vulnérables et vénéneuses. Ça démarre comme des mamies, sur le temps qui est un peu frais. "Quand j'étais gamin, il gelait tellement fort que les stalactites pendant aux corniches des maisons avaient parfois plusieurs mètres. C'était dangereux (sourire)." Les 40 minutes de discussion croisent alors la météo des lieux de vie successifs de l'Américain -du Michigan à l'actuelle Islande- et celle des ouragans familiaux ou religieux, d'un baromètre décidément impétueux.
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