Dour J1: M.I.A. en roue libre

13/07/17 à 12:19 - Mise à jour à 12:19

Coup d'envoi, mercredi, du 29e festival de Dour. Le pouvoir aux rappeurs et M.I.A. en mode mineur.

Dour J1: M.I.A. en roue libre

Mercredi 12 juillet 2017 © Olivier Donnet

Apéritif, échauffement, mise en jambes... Appelez ça comme vous voulez. Depuis deux ans, Dour commence un jour plus tôt. La soirée du mercredi inaugurée en 2015 pour célébrer Mons, capitale européenne de la culture, s'était soldée l'an dernier par ce qui allait rester l'un des meilleurs (et sans aucun doute le plus dingue) concert du festival. La Colonie de vacances ou quatre groupes de rock français qui jouaient simultanément en quatre points du chapiteau avec le public au milieu. Une véritable expérience. Musique de dancefloor portugo angolaise, rap belge d'attaquant ("offensive, je prends la solution offensive") et starlette rebello bling bling... Le coup d'envoi de la collection 2017 ne nous laissera pas spécialement un souvenir impérissable.

Tant pis pour Throes+The Shine qui mélange rock et kuduro (ou cul dur), une espèce d'électro rap dans sa version dansée inspirée par Jean-Claude Van Damme... Le temps qu'on débarque et c'est déjà le tour (le Dour) de Caballero et JeanJass qu'on croise définitivement partout. "Et quoi les joints ici, on les roule avec du tabac?" "Nooooon..." Bruxelles arrive. Et pour le coup en osmose avec le plus grand et le plus dingo festival de Wallonie. En éclusant leurs premières bières, des potes déjà crevés racontent l'expédition... Quasi une heure de marche et de file pour être là sans même avoir de barda à traîner et de tente à déballer. De toute évidence: Dour, ça se mérite. Faut une sacré santé.

"Il a pas dit bonjour." Le Parisien Vald rappelle d'emblée les règles de politesse. "Du coup, il s'est fait niquer sa mère..." Quoique. Pas sûr. "Nan, j'me drogue pas, drogue pas, nan, maman, j'me drogue pas. J'essaie d'marcher droit, y a que le dealer fait des croche-pattes, cauchemars, cauchemars, sur le Boulevard Haussmann..." Ca titube déjà pas mal au pied des terrils même si les bouteilles de mixture locale se font plus rares que d'habitude (pour l'instant) et si la bière coûte 2 euros 75 à la pompe. Passons le phénomène Damso qu'on vous racontait encore la semaine dernière aux Ardentes. Juste deux petits mots sur son public du jour un peu trop tendu. On n'a quand même pas vu souvent ici des festivaliers se mettre sur la gueule pendant un concert.

La tête d'affiche ce mercredi, c'est M.I.A. et ça sent comme toujours avec elle un peu l'arnaque. On ne va pas se mentir. Même quand elle sortait encore de bons disques, on n'a jamais vraiment assisté à un grand gig de l'Anglaise. "T'as vu? À mon avis, elle va venir avec une grosse prod. Il y a l'air d'avoir des trucs cachés derrière..." Euh, non. Pas vraiment. Juste ce décor sous forme de barreaux de prison qui ressemblent limite de loin à des radiateurs. Accompagnée de ses danseuses, la rappeuse d'origine sri-lankaise donne à peine l'impression de chanter. Semi play-back. Voix assistée. C'est plat. Décevant. Triste même pour cette insoumise qui s'est créée une identité forte avec son mélange de hip hop, d'électro et de musiques du monde, et qui lutte pour la défense des minorités, combat la mondialisation et prône la redistribution des richesses... Le mec de devant soupire. "On attend juste un morceau et ça va évidemment être le dernier..." All I wanna do is (Bang Bang Bang) and take your money... En effet, c'est un peu l'impression qu'on a. Celle du service minimum et de l'entubage en règle. La suite au prochain épisode...

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