Les Ardentes J2: Bruxelles s/ Meuse

08/07/17 à 09:48 - Mise à jour à 12:02

Vendredi, le rap bruxellois prenait les commandes des Ardentes avec la fiesta Roméo Elvis et l'événement Damso.

Les Ardentes J2: Bruxelles s/ Meuse

Vendredi 7 juillet 2017 © Olivier Donnet

Il est au courant, Roméo Elvis, que les manifestants, au G20, à Hambourg, se protègent des coups de matraque avec des crocodiles en plastique? Lui préfère s'en servir pour sauter et atterrir sur les premiers rangs. Même reptile, autre délire. On l'a vu quelques fois ces dernières semaines, le Roméo. Pas difficile: en vrai stakhanoviste, il est partout. Aux Ardentes, le menu est donc connu. Et même s'il peut être encore resserré, c'est déjà une affaire qui roule. Et qui déroule? Le rappeur bruxellois n'en est, heureusement, pas encore là. Le pilotage automatique, cela n'a pas l'air d'être trop le genre de la maison. Faut voir l'énergie du bonhomme et de son binôme Swing. Ajoutez le second degré de l'entreprise, ses délires absurdes, et ça fait mouche, strike, strauss! Plus que jamais, l'effort est ici collectif. Dans les buts, Le Motel évidemment qui balance les sons. Un danseur qui vient s'agiter pendant Le Diable. Et même la petite soeur, Angèle, qui vient poser sur J'ai vu. Et puisque la famille est mise à l'honneur, L'Or du commun au grand complet raboule dans la foulée pour balancer leur dernier single Apollo. Reste Bruxelles arrive, et, même balancé à 4000 Liège, le compte est bon.

Fin du premier volet "BX capitale". Il était joyeusement bordélique. Le suivant sera électrique. Après Roméo Elvis, Damso était en effet prévu sur les bords de Meuse, attendu par la tout grande foule - il aurait pu/dû se retrouver sur la scène principale du festival. C'est bien simple: depuis la sortie d'Ipséité, véritable tour de force, le bonhomme survole le rap jeu, le débordant même pour s'infiltrer un peu partout. Impossible d'y échapper: dans le tram ou lors de votre prochain barbecue, la musique de Damso est la bande-son de 2017, son momentum pop. La preuve encore quand il lâche le clip du morceau Macarena, et que moins de 24 heures plus tard, la vidéo a déjà dépassé le million de vues sur Youtube... Du coup, quand Damso Dems débarque, lunettes noires, t-shirt noir, c'est naturellement l'emballement général. Avec dès l'entame, un Débrouillard repris en choeur du premier au tout dernier rang. Impressionnant. Ce qui est rassurant, c'est que même l'intéressé a l'air encore surpris de ce qui arrive. Forcément: il y a deux ans, le rappeur était encore largement inconnu du grand public. Il n'avait d'ailleurs jamais donné de vrai concert. Aujourd'hui, ce n'est pas prendre beaucoup de risque que de prévoir que sa date annoncée à Forest en octobre sera rapidement complète...

Tout va très vite. Trop vite? Sauf erreur, les Ardentes n'était que le 3e passage en festival de Damso (après Fire Is Gold, à Bruxelles, et We Love Green, à Paris). Et cela s'est parfois entendu. Par l'absurde, on a pu se rendre ainsi encore mieux compte de la finesse musicale d'Ipséité, tant la sono a pu peiner à la traduire en live. On réalise aussi combien, en studio, Damso travaille son flow et sa voix, souvent au bord du chant, quand ses nuances disparaissent sur scène (QuedusaalVie bancal). En fait, il faut attendre la seconde moitié du concert pour que tout se mette vraiment en place. La triplette J Respect R/Periscope/Nwaar Is The New Black est alors implacable. Tournant à plein régime, Damso assure sa prise, colosse impressionnant, le prince nwaar en personne. En feu d'artifice final, BruxellesVie et Macarena terminent les échanges. Et un concert qui n'a pas eu besoin d'être parfait pour faire l'événement.

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