Concours Circuit: l'interview speed dating de Navaho

16/09/16 à 14:48 - Mise à jour à 14:47

Au sommaire de la dernière rencontre ping-pong des éliminatoires du Concours Circuit 2016, la Californie racontée par une tribu de Navaho, quelque part entre Bruxelles et le Brabant Wallon. À vos atlas, vous avez sept minutes.

Concours Circuit: l'interview speed dating de Navaho

Pas de "Hot Summer" sans Pierre Van Waeyenberge (basse), Quentin Pringels (guitare et voix), Simon Boonen (batterie), Douchan Cantillon (tambourin) et Benjamin Saint Viteux (voix et clavier). © Navaho

Un casino dans le Nevada. Il fait une chaleur torride, à faire frire la chaussée comme un été indien à Bruxelles. Tous les mordus de machines à sous de la ville se sont rassemblés pour célébrer un mariage qui finira forcément mal. Le révérend porte une chemise à fleur et fait l'office, pastèque-cocktail à la main, à une assemblée de robes meringues et de tuxedos mal coupés, tandis que le groupe invité fait du gringue aux demoiselles d'honneur du premier rang. Langueur surf, percussions de vahinés et mélodies chaudes sont tout à coup interrompues par un clin d'oeil de trop à la mariée: la course-poursuite tant attendue peut commencer. À bord d'une vieille Mustang, le gang de musiciens, les Navaho, s'enfuit à toute bringue dans le désert. Un chapeau de paille autrefois posé sur une chevelure décolorée par le soleil s'envole comme un geste de provocation. Si happy end il y a, il se terminera forcément autour d'un feu de camp. Par chance, on n'a pas encore vu tout le film - la B.O. est si réussie.

S'ils ont le charme nonchalant des boys bands californiens, la bande de Navaho a été élevée au soleil brabançon et au son des Beach Boys d'abord, des Growlers ensuite. À l'heure où le mercure gravit des sommets, on ne peut que se délecter de ce surf rock taquin bien inspiré par Brooks Nielsen et sa tribu de Dana Point. À quelques notes près, la rue est une longue étendue de sable sur laquelle on se fend d'une interview-canicule avec Benjamin Saint Viteux (voix, clavier) et Quentin Pringels (guitare, voix).

Dans quel studio rêvez-vous d'enregistrer?

Quentin Pringels: J'aurais dit Abbey Road à la base, pour la réputation.

Benjamin Saint Viteux: Pour moi au final, ce n'est pas tant le studio que le bon matos et puis l'ambiance qui comptent. Un petit truc homemade où l'on enregistre nous-même, ou qu'on a aménagé nous-même, ça peut être parfait. L'album par exemple, on l'a fait dans une boulangerie à Flagey, où on répète. On est vraiment au fond du bâtiment, dans les frigos: c'est assez glauque, en fait!

Q.P.: Vu que je suis ingé son, j'ai pas mal de matos, donc on a tout fait en live.

Quel groupe belge vous excite le plus aujourd'hui?

Q.P.: J'aime beaucoup Girls In Hawaii, mais c'est déjà vieux. C'est peut-être pas celui qui m'excite le plus aujourd'hui, mais depuis dix ans, ils sont en bonne place dans mes références.

B.S.V.: Paon m'excitait pas mal: c'était un bon compromis entre tout ce que les gars des groupes avaient fait séparément. Et Robbing Millions!

Dans quelle salle de concert vous rendez-vous les yeux fermés?

B.S.V.: Je trouve que quand Madame Moustache fait des concerts rock, c'est toujours pas mal.

Q.P.: Sinon, le VK a une bonne programmation, aussi.

Un souvenir d'enfance lié à la musique?

Q.P.: Quand j'étais petit je voulais devenir chef d'orchestre!

B.S.V.: Ce n'est pas forcément un truc dont je suis fier, mais j'ai fait cinq ans de djembé. On avait un spectacle chaque année et une fois, j'y avais été avec une perruque afro. Je devais avoir dix ans et la reine était là. Enfin, je crois que c'était la reine. Pour faire bonne figure, elle avait demandé à me voir après le spectacle et elle était un peu déçue en voyant que je n'étais pas vraiment afro. Mais elle aurait pu le voir à la couleur de ma peau! On a parlé de tennis, c'était sympa.

Dans que festival rêvez-vous de jouer?

Q.P. et B.S.V.: Le Beach Goth!

Q.P.: C'est en Californie et c'est organisé par les Growlers.

B.S.V.: C'est la cinquième édition et il commence à y avoir des groupes assez impressionnants. Tous les groupes qu'on aime sont sur cette affiche.

Quelle est votre dernière acquisition musicale?

Q.P.: C'était Quarters! de King Gizzard & the Lizard Wizard.

B.S.V.: Je suis pro-CD, mais je n'ai plus de bagnole et du coup, je ne sais pas quoi en faire. Mais sur iTunes, le dernier que j'ai acheté c'était Mujeres, un groupe catalan.

Si votre musique était un plat, on mangerait quoi à vos concerts?

Q.P.: Sur nos affiches, il y a quand même un hamburger, donc... un gros burger bien dégoulinant, avec 35 degrés dehors.

B.S.V.: Mais qui est quand même cuit sur un beau barbec'.

Q.P.: Ouais, bien grillé. Avec une petite brise, un peu de vent...

B.S.V.: Et un petit cocktail en dessert.

Q.P.: ...Dans une pastèque.

Votre label préféré ?

B.S.V.: Je ne suis pas tellement calé en labels. Je connaissais bien Rough Trade avant parce que j'étais très Libertines, mais maintenant...

Q.P.: Il y a Cult Records ou Vice qui fait les Black Lips.

B.S.V.: Flightless Records, qui a les Murlocs et King Gizzard & the Lizard Wizard.

Q.P. : Et Burger Records aussi, où je découvre plein de groupes.

B.S.V.: Du coup tout colle: les labels, la bouffe...

De quel film auriez-vous aimé faire la B.O.?

Q.P. : Pulp Fiction, un truc comme ça. Ça reste dans des ambiances un peu surf rock.

B.S.V.: Ouais, un Tarantino. Mais Pulp Fiction c'est pas très recherché! Le film n'était pas top, mais un truc du genre Inherent Vice, dans cette veine-là.

Vous êtes tous les deux guitaristes. Quelle est votre pédale d'effet préférée?

Q.P.: La reverb' pour moi, simplement.

B.S.V.: Moi la delay, j'aime bien, il y a moyen de faire plein de trucs, du bruit comme quelque chose de mélodique.

Q.P.: Avant, on s'amusait pas mal avec la POG, mais elle a rendu l'âme.

Vous êtes coincés avec le groupe dans un bar-karaoké et le seul moyen d'en sortir est de chanter un morceau. Vous choisissez lequel?

Q.P.: La Corrida, de Francis Cabrel!

Influences: The Growlers, The Black Lips, Tame Impala, King Gizzard & the Lizard Wizard

Date: 16 septembre 2016

Lieu: Le Brass à Bruxelles

Autres participants: Avishaï, Navaho, Lucy Echo, Glitter Vaseline

Bonus: Par fortes chaleurs, quand certains sortent la plancha sur le balcon pour se donner l'illusion d'un bon barbecue, d'autres enregistrent une live session en toute décontraction et chapeaux de paille.

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