BSF J6 : Thomas Fersen et Balimurphy en mode poésie

16/08/12 à 14:18 - Mise à jour à 14:18

Le Brussels Summer Festival s'est habillé de mots ce mercredi avec Thomas Fersen et Balimurphy.

BSF J6 : Thomas Fersen et Balimurphy en mode poésie

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15 août + match de foot Belgique - Pays-Bas = affluence mineure au Brussels Summer Festival? Nenni l'ami! Sans faire le plein, il y avait du monde ce mercredi au Mont des Arts pour une soirée résolument placée sous le signe de la chanson poétique et populaire (le premier qui parle de chanson popo sort). Les locaux de Balimurphy donnent directement le ton. Il y a du béret, des cordes et un musicien par mètre carré. Le tableau pourrait s'appeler "Le gang des Gavroche au pays de Jacques Brel". Mais qu'on ne s'y trompe pas, les Bruxellois sont plus qu'une énième formation de brocante pour vendeur de sarouels amoureux de la langue française. Le phrasé de Cédric Van Caillie est dense, tendu et nourri de mots qui parlent du vingt-et-unième siècle. Derrière un maquillage festif le propos sonde l'âme sous les dreadlocks, donnant au concert une dimension supplémentaire (Plus belle sans moi). C'est d'ailleurs avec ses ballades que Balimurphy est le plus convaincant. C'est connu, les joies passent, les tristesses s'entassent. Et ce soir elles se chantent très bien.

Thomas Fersen n'avait plus qu'à conclure. Cela tombe bien, c'est ce qu'on lui demandait. Le Français, à l'univers plus féérique par endroits, cultive une identité de chanteur-poète de rue notamment avec la présence d'un accordéoniste. Comme souvent avec Fersen, on rit et on pleure en même temps. On est surtout plongé au milieu de l'histoire par cette voix un peu désabusée qui semble la conter d'un autre temps. La mélodie est, elle, bien moderne et permet d'éviter l'écueil de représentant désigné de l'univers Amélie Poulain. C'est sans doute pour cela que Thomas Fersen séduit au-delà d'un simple public d'initiés. Et avec sa dégaine mal-assurée qu'il traîne sur scène, le chanteur a compris que la poésie est belle lorsqu'elle ne s'affiche pas trop. Vingt années de carrière, ça se gagne aussi à coups d'humilité.

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