Apple impose des conditions inadmissibles, Taylor Swift fait plier le service

22/06/15 à 10:48 - Mise à jour à 11:25

Source: Consequence Of Sound

"Nous ne vous demandons pas des iPhones gratuits": 15h après que Taylor Swift ait écrit une lettre ouverte assassine à Apple Music, la firme fait une pirouette et compte désormais bien rémunérer les artistes durant la période d'essai de son nouveau service de streaming.

Apple impose des conditions inadmissibles, Taylor Swift fait plier le service

Taylor Swift, musicienne la plus influente de sa génération? © REUTERS/Mario Anzuoni

Finalement, Apple se rend compte que ne pas payer les artistes n'est pas une si bonne idée que ça...

Le débat faisait rage depuis l'annonce en fanfare du lancement prochain nouveau service de streaming, Apple Music, lors de la WWDC du début du mois: si Apple compte offrir trois mois d'essai à son service, la compagnie ne comptait pas rémunérer les artistes écoutés durant cette période. Nombreux sont les artistes indépendants qui se sont soulevés depuis pour dénoncer cette pratique peu justifiable: Justin Vernon de Bon Iver, Anton Newcombe de Brian Jonestown Massacre, ou encore le Beggars Group qui héberge pas moins que les labels 4AD, Rough Trade et XL Recordings...

Ce dimanche, c'est la pop star Taylor Swift y a également été de sa petite contribution: une lettre ouverte à Apple sur son blog, intitulée To Apple, Love Taylor, dans laquelle elle prend la défense des artistes de tous niveaux de notoriété. "Je trouve cela choquant, décevant et totalement contraire à cette entreprise historiquement généreuse, explique-t-elle. Nous connaissons le succès astronomique d'Apple et nous savons que cette entreprise incroyable a assez d'argent pour payer les artistes, les compositeurs et les producteurs pendant les trois mois d'essai... même s'ils sont gratuits pour les fans." Et de conclure drastiquement: "Trois mois, c'est une période longue pour laquelle on n'est pas payé, et c'est injuste de demander à quelqu'un de travailler pour rien (...). Nous ne vous demandons pas des iPhones gratuits. Ne nous demandez pas de vous fournir notre musique gratuitement."

Le blog fait très rapidement le tour de la Toile (35.000 retweets, 65.000 reposts en moins de 24h...) et il n'aura pas fallu 15 heures à Apple pour réagir officiellement, ce matin, par la voix d'Eddy Cue, "senior vice president of Internet and Services": "Apple Music paiera les artistes pour le streaming, même durant la période d'essai", rassure-t-il sur Twitter.

Si le retournement de situation est particulièrement heureux, il permet également de se rendre compte de la réelle influence que Taylor Swift peut aujourd'hui exercer sur les différents acteurs de la musique en ligne: que ce soit grâce à sa notoriété, à ses légions de fans ou à ses trophées musicaux, c'est à elle et à elle seule qu'Apple a répondu publiquement. Pas à Newcombe, pas à Vernon, pas même au Beggars Group qui représente pourtant Adele, Beck, David Byrne, les White Stripes ou les Pixies. Eddy Cue a même confirmé que c'est sa lettre qui a "vraiment conforté l'idée qu'il fallait qu'on fasse un changement".

Quand elle avait fait retirer son dernier album, 1989, de Spotify pour des raisons similaires, l'entreprise suédoise s'était confondue en excuses et explications financières sans toutefois obtenir de résultat. Une chose est sûre: la nymphette semble bien plus à même de gérer sa comm' extra-musicale que Lars Ulrich du temps de Napster...

Pour resituer un tantinet la demoiselle, on rappelle que son dernier single accueille Kendrick Lamar en featuring et arbore un clip très généreusement inspiré par Quentin Tarantino, à voir ci-dessous.

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