L'Ile au trésor

16/02/12 à 17:27 - Mise à jour à 17:27

ADAPTATION | Maître de conférences en Histoire contemporaine à la Sorbonne, Sylvain Venayre s'est attaqué à la transposition en BD du plus célèbre des romans de Stevenson.

L'ÎLE AU TRÉSOR DE STASSEN ET VENAYRE, ÉDITIONS FUTUROPOLIS. **

L'Ile au trésor

ADAPTATION | Maître de conférences en Histoire contemporaine à la Sorbonne, Sylvain Venayre s'est attaqué à la transposition en BD du plus célèbre des romans de Stevenson. Pour donner à son Ile au Trésor toute la lumière qu'elle méritait, il s'est associé à Jean-Philippe Stassen, un dessinateur à qui l'on doit la somptueuse mise en images du Bar du vieux Français.

Dans une grande ville contemporaine, un énorme chantier entouré de palissades est gardé par des vigiles. On dirait presque une île au milieu du quartier. A proximité, dans un hôtel miteux, un gros homme loue une chambre pour quelques jours. Avant de s'y terrer, il demande à Jacquot, la fille du propriétaire, de le prévenir si un boiteux demande à le voir.

Jacquot pour Jim, le boiteux Petit Jean Dargent dans le rôle de Long John Silver, le gros client en guise de Billy Jones... Les personnages sont là pour rejouer la pièce et trouver le trésor de 200 000 euros planqué dans une valise. Tous les ingrédients y sont, mais la sauce ne prend pas.

Avec ses couleurs chaudes et tranchées, L'Ile au Trésor de Stassen ne manque pourtant pas de cachet. Pour tout dire, elle en jette même. Il faut par contre sérieusement s'accrocher pour s'intéresser à l'histoire. Puisqu'il est vendu comme une relecture du roman original, on ne peut s'empêcher de chercher dans l'album les similitudes et les passerelles avec le texte de Stevenson. Du coup, on oublie de se laisser transporter. L'immersion est d'autant plus difficile que de longs dialogues hachent trop souvent le récit. Si les discours théoriques sur la distinction entre le bien et le mal touchent chez Stevenson, ici ils déconnectent le lecteur. Pourquoi diable l'éditeur n'a-t-il pas taillé plus largement dans le gras?

Vincent Genot

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