Des larmes sous la pluie

23/01/13 à 10:38 - Mise à jour à 10:37

SF | Plonger dans un avenir lointain pour mieux nous parler du présent: Rosa Montero, star espagnole de la littérature grand public, a bien compris ce principe de base du récit d'anticipation.

Des larmes sous la pluie

© reuters

DE ROSA MONTERO, ÉDITIONS MÉTAILIÉ, TRADUIT DE L'ESPAGNOL PAR MYRIAM CHIROUSSE, 416 PAGES. ***

Nous voilà donc en 2119 dans les Etats-Unis de la Terre, désormais unifiée après les Guerres Robotiques et plein d'autres nouveautés qui nous attendent dans le siècle: entre autres la présence des "réplicants", êtres quasi humains fabriqués en batterie, ne se distinguant de ceux-là que par certaines capacités physiques -un iris vertical, une durée de vie de 15 ans et de faux souvenirs écrits par des mémoristes. Ainsi Bruna Husky, réplicante guerrière, crâne rasé et tatouage lui scindant littéralement le corps, qui va nous mener dans une enquête parfois haletante sur un vaste complot "anti-reps", entre le compte à rebours de sa mort programmée et ses questions existentielles. Le tout mêlé à quelques aliens, puisque l'humanité a aussi inventé la téléportation, et a ainsi découvert des populations extra-terrestres pas toujours très avenantes... Rosa Montero ne manquait pas d'appétit ni d'imagination en s'attaquant à ses Larmes: le récit est ambitieux, ample, et évite quelques habituels chausse-trappes du genre -l'inventivité, pour une fois, ne remplace pas les personnages. Elle en fait certes un peu trop de temps en temps -à quoi bon ces aliens?- mais assume pleinement ses références à Blade Runner, les citant même au passage: "'Réplicant', un terme tiré d'un vieux film futuriste très populaire au XXe siècle." Or, si elle modernise le propos et le contexte à l'heure des technologies numériques ou ADN, les questions sur ce qui fonde notre humanité, elles, semblent n'avoir pas évolué depuis. Un peu dommage peut-être.

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