Critique BD : Cecil et Jordan à New York

25/03/10 à 12:39 - Mise à jour à 12:39

Quatre petites pages de pur bonheur surréaliste ouvrent le recueil "Cecil et Jordan à New York" - le réalisateur Michel Gondry ne s'y est pas trompé, qui a adapté l'historiette au cinéma sous le titre "Interior Design".

De Gabrielle Bell, Editions Delcourt.

Fraîchement arrivés dans un New York pluvieux, Cecil et Jordan squattent chez une vieille copine ; lui se trouve un boulot abrutissant, elle cherche un plan logement bon marché. Deux pages se passent... puis on plonge en pleine irréalité. "Je n'avais nulle part où aller, raconte Cecil. Et c'est la raison pour laquelle je me suis transformée en chaise." Une chaise rouge dont se saisit un quidam, qui l'emporte chez lui. La chaise ne redevient Cecil qu'en son absence. Paradoxe : c'est comme si elle n'avait jamais existé, et pourtant, sa vie a enfin pris son sens puisque, en chaise, elle se sent "plus utile que jamais".

Tout n'est certes pas aussi "bizarro" chez Gabrielle Bell, qui pratique davantage la (semi-)autobiographie sur ce ton doux-amer qu'elle maîtrise à merveille, notamment dans les récits Colonie de vacances et Frappez-moi. Les affres d'une adolescence à l'écart, dans un trou sans électricité. Vous trouverez peut-être tout cela bien peu marquant de prime abord. Mais Bell vous laisse un arrière-goût qui reste longtemps, très longtemps au fond de la gorge. Et donne envie d'en lire davantage.

V.D.

http://gbell.wordpress.com

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