Chronique d'un meurtre annoncé

03/04/13 à 16:14 - Mise à jour à 16:14

RÉCIT | David Grann remet ça. Célèbre journaliste d'investigation au New Yorker, l'homme a fait sa spécialité d'affaires criminelles réelles non élucidées.

Chronique d'un meurtre annoncé

Relayé en France par la maison Allia, qui a vu dans ses articles fleuves le potentiel de vrais thrillers indépendants, le New-Yorkais revient, après Un crime parfait ou Le Caméléon, avec ce Chronique d'un meurtre annoncé, dernière pièce à mettre au dossier d'une "non fiction novel" prônée par Truman Capote. Fasciné par les histoires d'anonymes amenés à poser des actes extraordinaires, Grann a déniché en Rodrigo Rosenberg, avocat d'affaires au Guatemala, son nouveau "héros": d'entrée de livre, ce conseiller influent voit l'un de ses clients, Musa, important producteur de café, froidement assassiné de neuf coups de revolver. L'affaire est sombre, d'autant que ses excroissances vont chercher dans les profondeurs d'un pays réputé pour son impunité presque absolue, et gangréné par la corruption à tous les étages. Rosenberg décidera de faire justice lui-même, secondé par l'espion le plus connu du pays. On baigne dans cette Chronique comme en plein John le Carré: dans une contrée où la rumeur et les récits contradictoires sont légion, c'est carrément un complot politique qui se dessine, impliquant rien moins que le président d'alors, Alvaro Colom, et sa femme... Didactique et patiemment documenté, Grann choisit ses affaires pour les mystifications qu'elles charrient: il y a bien une part insoupçonnée de fiction dans la réalité, et l'infatigable reporter aime à dévoiler leurs échanges de bons procédés. Un récit impeccablement ficelé, en quelque 100 pages.

RÉCIT DE DAVID GRANN, ÉDITIONS ALLIA, TRADUIT DE L'ANGLAIS (USA) PAR DAMIEN AUBEL, 112 PAGES. ***

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