"Mouvemologies" ou l'hommage dansé à Jean Dubuffet

05/12/11 à 14:17 - Mise à jour à 14:17

Dans le cadre de son exposition sur Jean Dubuffet, le musée d'Ixelles propose 3 représentations de danse contemporaine pour rendre hommage à l'artiste. Pas du grand spectacle mais la rétrospective de son oeuvre est intéressante.

"Mouvemologies" ou l'hommage dansé à Jean Dubuffet

© Kurt Wyss / Fondation Dubuffet, Paris

"Un hommage dansé à Jean Dubuffet", ça donne quoi? C'est ce qu'on s'est empressé d'aller vérifier au musée d'Ixelles. Jusqu'au 22 janvier, l'institut propose en partenariat avec le Théâtre Royal de la Monnaie un cycle de trois performances artistiques autour de l'exposition Dubuffet architecte, consacrée à Jean Dubuffet depuis la mi-octobre. Le tout, sous le nom sérieux de Mouvemologies. Trois représentations dansées donc, et mises en scènes par la chorégraphe Marie Martinez, pour illustrer le travail du célèbre architecte-peintre. L'idée? "Appliquer les processus créatifs de Dubuffet à la danse et à la musique" et proposer des danses contemporaines faisant "écho aux méthodes de l'artiste". Concept utopique, amateur, bien vendeur? Ou rien de tout ça? C'était la question qui nous démangeait, en arrivant à l'expo.

Pour rappel, l'exposition Dubuffet revient sur une partie de l'impressionnante oeuvre de Jean Dubuffet. Artiste peintre, architecte, dessinateur et sculpteur de génie, il est considéré comme une figure emblématique de l'art du 20ème siècle. Il est aussi l'inventeur du mot "art brut", terme qui désigne les créations des personnes dépourvues de toutes connaissances et cultures artistiques, tels que les handicapés mentaux, les enfants ou les autodidactes. Toute sa vie, il essayera de s'affranchir des conventions artistiques et encouragera un art spontané, libre. L'expo du musée d'Ixelles revient entre autres sur l'Hourloupe, son oeuvre la plus longue et marquante initiée en 1962 et qui dura 12 ans. Cette période marque un tournant décisif dans sa carrière: son passage de la peinture à la sculpture. L'Hourloupe, comme le décrit Dubuffet lui-même, est venue avec le " besoin d'associer des reliefs à mes peintures pour leur donner plus de vie et il en est résulté des panneaux sculptés et peints".

Des corps libres de toute contrainte

Devant le musée de la rue Jean Volsem, ça ne se bouscule pas au portillon, c'est un fait. A l'intérieur, on prend le temps de faire un tour de l'expo. Certes loin d'être représentative et exhaustive, elle est néanmoins assez captivante. Mais très vite, on est interrompu par des notes de musiques, émanant de ce qui semblent être un violon et un hautbois. A côté de ces musiciens, trois corps gesticulants au milieu de la salle. Mais que diable font-ils là, échoués par terre? Ce sont eux, les trois danseurs contemporains, qui rendent hommage à "l'art brut" de Dubuffet. Ils se contorsionnent, s'enlacent et se délacent, au son des instruments. Ils improvisent comme Dubuffet prônait un art déconditionné de tous canons artistiques. Leurs corps, libérés de toutes contraintes et règles, semblent comme possédés. Les danseurs suivent en fait un thème, écrit sur un papier, sur lequel ils improvisent pendant plusieurs minutes. Ils ont un timing précis à respecter, dansent jusqu'à ce que leur biper sonne. A ce moment là, ils s'arrêtent, reprennent leur carnet en main pour découvrir le schéma suivant. Et recommencent. On suivra ce ballet étrange pendant quand même plus de deux heures... Aperçu.

Nous, on ne reviendra pas mais si l'envie vous titille de voir cette performance en live, sachez que deux séances auront encore lieu: une le 15 décembre 2011 et la dernière le 22 janvier 2012, pour clôturer l'expo.
Pour amateurs du genre uniquement, vous l'aurez compris.

Jessica Matthys (stg)

Infos :

Performances au Musée d'Ixelles (7 - 5 euros):
Jeudi 15 décembre 2011: 19h00 > 21h00
Dimanche 22 janvier 2012: 11h00 > 13h00 (clôture expo)

www.museedixelles.be

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