Liberté, égalité, festivités

20/10/10 à 16:53 - Mise à jour à 16:53

"Chacun est invité, pour être différent, à faire comme tout le monde". Ils ne croient pas si bien dire... Car le Festival des Libertés n'échappe à l'uniformisation, fléau des festivals engagés et dits "alters". Mais il reste malgré tout une bonne bouffée d'oxygène.

Liberté, égalité, festivités

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"Chacun est invité, pour être différent, à faire comme tout le monde", souligne le Festival des Libertés 2010, qui s'inquiète de la normalisation idéologique, de l'uniformisation (info, bouffe, culture) et de l'éternelle question "sommes-nous téléguidés?".

Organisé par Bruxelles laïque, le festival dénonce et interroge. L'arme fatale: des soirées composées (documentaires, débats, concerts, spectacles) et une ambiance de festival. Centre stratégique: le Théâtre National à Bruxelles, avec des extensions au KVS, à Liège et à la Gare du Midi (pour l'expo Vivre sans-papiers). Au menu: des libertés bafouées, des documentaires (intéressants) sur des enjeux connus comme le gouffre israélo-palestinien, les tortures made in USA, les dégâts du tourisme occidental, les OGM, l'exploitation des multinationales, l'Afrique, le nucléaire, la censure, la crise...

Sortis des sentiers battus, on découvrira Kimjongilia, des témoignages de rescapés de Corée du Nord, et Disorder, la jungle des villes... en Chine. Ou encore Sounds like a revolution, sur la relève de la "Protest Song" post-11 septembre. Et en ouverture, Mourir? Plutôt crever!, le tout frais documentaire sur le caricaturiste Siné, moult fois viré. De la Belgique, rien que le récent film Illégal d'Olivier Masset-Depasse, programmé à Liège.

Côté débats: humanitaire et hégémonie, industries culturelles, médias, crise alimentaire-néolibérale, etc. Plus inattendus, des débats sur les multiples conjugaisons conjugales et sur la diversité des féministes, musulmanes/occidentales! Sur scène, à ne pas rater, le tourbillon italien Ascanio Celestini, conteur vertigineux d'histoires rocambolesques, ici La File indienne. Ainsi que Hitler, ses fidèles, son bunker, tous en marionnettes dans Schiklgruber.

Restent les concerts. Outre les attendus du genre (Salif Keita, Goran Bregovic, Baloji, Jacques Higelin), épinglons Acoustic Africa (Habib Koité et Olivier Mtukudzi), la soul funky-jazz d'Anthony Joseph, le reggae de Burning Spear, le ska engagé de Skarbone 14 et des concerts gratos au bar du National. Un théâtre habillé pour l'occasion en "Street style".

Certes, les festivals engagés n'échappent pas à l'uniformisation, mais leur programmation a souvent le mérite d'élargir des débats cadenassés et de rassembler une foule métissée. Oyé. Get up Stand up...

Festival des Libertés, du 21 au 30 octobre. www.festivaldeslibertes.be

Nurten Aka

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