Vu à Deauville (2): Wiener-Dog, de Todd Solondz

05/09/16 à 15:47 - Mise à jour à 15:47

Le réalisateur de Welcome to the Dollhouse et Happiness retrouve un peu de son mordant, mais montre aussi sûrement les limites de son cinéma vignettisant.

Vu à Deauville (2): Wiener-Dog, de Todd Solondz

Wiener-Dog, de Todd Solondz © Linda Callerus

"Ce film est une comédie du désespoir. Si vous voulez rire, c'est ok. Si pas, c'est ok aussi." Grand habitué du festival, où il présentait il y a tout juste 20 ans son inaugural Welcome to the Dollhouse (Bienvenue dans l'âge ingrat), Todd Solondz aura su trouver les mots justes pour introduire de sa voix de crécelle nerdifiante son septième long métrage au public de Deauville.

Sur un principe au fond assez similaire à celui présidant à La Ronde de Max Ophüls -un teckel, révélateur de leurs béances, fait ici le lien entre des personnages pas forcément appelés à se rencontrer-, Solondz propose dans Wiener-Dog un kaléidoscope de micro-récits passés au vitriol de son humour grinçant -il faut entendre l'histoire de Mohamed, le chien violeur porteur d'une maladie vénérienne- moquant l'illusion pavillonnaire du bonheur familial en vignettes absurdes.

Si l'Amérique y est dépeinte à la manière d'un "énorme éléphant qui se noie dans un océan de désespoir", le réalisateur de Happiness y prend clairement le parti des déclassés, des marginaux et des perdants, aidé en cela par un casting particulièrement attachant (Greta Gerwig en grande saucisse geek reprenant l'un des personnages de Welcome to the Dollhouse, Danny DeVito en scénariste raté au bord du gouffre...).

Solondz maîtrise toujours à merveille l'art du décalage -des images dégueulasses sur une musique élégiaque- et se moque même de lui-même le temps d'un entracte de western, mais son Teckel se mord aussi très rapidement la queue, à défaut bien souvent de substantifique moelle à ronger. Et ce, malgré un final savoureusement trash en forme de gros doigt d'honneur aux conventions.

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