Johnny Depp et Penélope Cruz sur les marches, Polisse, Habemus Papam ou Les neiges du Kilimanjaro sur les écrans

15/05/11 à 18:42 - Mise à jour à 18:41

DAY 4-5 | L'ubiquité fait partie de ces qualités que les organisateurs prêtent à l'évidence aux festivaliers. Des premiers, on a donc vu que la cohue indescriptible qu'ils avaient suscité aux alentours du Palais; quant aux films, ils ont confirmé l'incontestable qualité d'ensemble de cette levée 2011 du Festival.

Johnny Depp et Penélope Cruz sur les marches, Polisse, Habemus Papam ou Les neiges du Kilimanjaro sur les écrans

© Photoshot

Jean-François PLUIJGERS, à Cannes

S'agissant de Polisse, le troisième long métrage de Maïwenn Le Besco, on se montrera toutefois plus réservé qu'une presse française à la dithyrambe facile. La cinéaste y retrace le quotidien de la Brigade de protection des mineurs, en une succession de tranches de vie inscrites dans une réalité dramatique. A quoi elle ajoute des scènes où les policiers tentent, avec un succès fort relatif, de s'arracher à ce contexte chargé.

Nerveux, le film de Maïwenn prend le spectateur aux tripes pour ne guère relâcher son étreinte par la suite - encore que Polisse sache aussi se déjouer des attentes, pour ne pas plomber un peu plus cette chronique qui est notamment celle de l'enfance et l'adolescence abusées. Mais s'il y a là une matière brute dont la réalisatrice s'empare avec vigueur, magistralement soutenue par sa troupe de comédiens - Joeystarr, Karin Viard, Marina Foïs et autre Nicolas Duvauchelle, tous impeccables -, le film patine dès qu'il s'aventure hors du champ de l'action, tout en confondant par endroits énergie et hystérie. Un soupçon de narcissisme en sus, et l'impression d'ensemble est mitigée: la matière est là, brûlante; quant à la manière, si elle évoque par son dispositif de départ celle du Entre les murs de Laurent Cantet, elle n'en a pas, toutefois, la rigueur...

Nanni Moretti signe, pour sa part, avec Habemus Papam un film qui ajoute à la virtuosité de la mise en scène, la singularité du propos: un pape nouvellement élu - Michel Piccoli, magistral d'absence bonhomme - y recule en effet devant l'ampleur de la tâche qui l'attend. Et chacun, cardinaux mais aussi un psy incarné par Moretti lui-même, de se perdre en conjectures, dans l'ignorance de la fugue qui amène Sa sainteté dans les rues de Rome.

Moretti trempe sa caméra dans l'ironie plutôt que dans le vitriol, et signe une réflexion inspirée sur la crise de foi de cet homme, dont on regrettera néanmoins qu'elle n'embrasse pas une perspective plus large.

Footnote, du réalisateur israélien Joseph Cedar, explore la relation complexe entre un père et son fils, tous deux experts en études talmudiques, dont le premier a été frustré de la reconnaissance qui tend les bras au second. D'un abord quelque peu ingrat, le film se révèle néanmoins sur la distance: c'est là une comédie de moeurs grinçante, même si pas totalement aboutie.

Robert Guédiguian réaffirme pour sa part bien haut les vertus de la solidarité dans Les neiges du Kilimanjaro, un film où il retrouve son quartier de l'Estaque et sa troupe de comédiens, les Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, et autre Gérard Meylan. Il signe, au plus près de l'humain, une fable lumineuse, d'une générosité vibrante en dépit d'une articulation parfois simpliste.

Enfin, pour la bonne bouche, on signalera encore que Le gamin au vélo, le nouveau film des frères Dardenne, a reçu un accueil enthousiaste de la presse internationale - on se reportera ailleurs sur ce site pour savoir tout le bien qu'en pense la rédaction de Focus.

Suite des festivités aujourd'hui, avec The Artist, de Michel Hazanavicus, et autre L'apollonide, de Bertrand Bonello, deux nouveaux films français présentés en compétition.

La phrase du jour"Personnellement, je n'éprouve aucune curiosité pour ce qui se cache derrière le personnage public de Berlusconi."

Nanni Moretti, réalisateur de Habemus Papam.

"Ce qui se retrouve à l'écran, c'est le réalisateur. On ne peut dissimuler sa personnalité quand on réalise un film."

Bryce Dallas Howard. L'actrice a pris les habits de productrice pour Restless, le nouveau film de Gus Van Sant.

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