[Critique ciné] Rodin, austère et très réaliste

24/05/17 à 11:26 - Mise à jour à 13:45
Du LeVif Focus du 26/05/17

FILM BIOGRAPHIQUE | Lindon impressionne dans un film biographique austère qui se cherche sans toujours se trouver.

[Critique ciné] Rodin, austère et très réaliste

Vincent Lindon dans Rodin de Jacques Doillon. © DR

[Critique ciné] Rodin, austère et très réaliste

Le film s'ouvre à Paris, en 1880, quand Rodin, tout juste âgé de 40 ans, reçoit sa première commande de l'État: ce sera sa fameuse Porte de l'Enfer, inspirée de Dante, ensemble ambitieux et foisonnant où se dessinent des oeuvres appelées à rester, comme Le Penseur ou Le Baiser. Le temps d'un plan-séquence liminaire d'une longueur peu commune, Doillon dévoile un artiste intense, fiévreux, circulant au sein de son atelier en fauve déterminé. La suite enchaîne les segments du même tonneau comme autant de tableaux à l'intérêt décroissant, scènes de la vie quotidienne qui peinent trop souvent à témoigner au-delà des mots du feu qui d'évidence anime Rodin, obsessionnel dans la création comme dans la passion qu'il nourrit pour son élève Camille Claudel. "Il y a trop de vie dans mes sculptures", dira l'homme du peuple autodidacte qui s'apprête à poser les bases de la sculpture moderne. Austère, très réaliste, sans doute un peu trop écrit, le film de Jacques Doillon, lui, finit par en manquer cruellement, optant pour un traitement elliptique et souvent peu contextualisé qui donne parfois le sentiment de ne pas savoir dans quelle direction s'engager. En gros nounours sensible animé d'un appétit peu banal pour l'existence, Vincent Lindon excelle à traduire à l'écran l'infinie solitude du sculpteur de fond.

De Jacques Doillon. Avec Vincent Lindon, Izïa Higelin, Séverine Caneele. 1h59. Sortie: 24/05. ***

>> Lire également nos interviews de Vincent Lindon et Jacques Doillon.

Nos partenaires

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience d'utilisateur. En continuant à surfer, vous acceptez notre politique de cookies. Plus d'infos