[Critique ciné] Rams, la guerre des moutons

08/12/15 à 14:46 - Mise à jour à 14:46

Source: Focus Vif

COMÉDIE DRAMATIQUE | En mai dernier, Rams était le premier film à défendre les couleurs de l'Islande à Cannes depuis 22 ans. Son réalisateur Grímur Hákonarson est rentré au pays avec le prix de la section Un Certain Regard.

[Critique ciné] Rams, la guerre des moutons

Rams de Grímur Hákonarson © DR

Entre ses éleveurs au physique de Pères Noël revêches et les grandes prairies enneigées d'Islande, Rams se pose comme un film de saison. Mais c'est aussi un grand dépaysement que le quotidien de ces deux frères qui ne se sont pas parlé depuis 40 ans et s'affrontent chaque année au concours du plus beau bélier de la vallée. Lorsqu'une épidémie menace les troupeaux, l'entraide semble inévitable. Mais pour nos deux antihéros, il reste encore bien des façons de se pourrir la vie avant d'en arriver là! S'il propose quelques beaux moments d'émotions, ce film reste avant tout une comédie en sourdine, maniant un humour noir et absurde, sans jamais jouer la surenchère. Le réalisateur Grímur Hákonarson n'est en effet pas pressé. Il prend le temps de composer minutieusement ses plans. Le temps aussi de donner vie aux animaux au coeur de son intrigue: ces moutons aux regards énigmatiques, mais aussi un chien malicieux qui est le seul à pouvoir faire la navette entre les deux frères. La menace d'un abattage généralisé (comme nous l'avons connu pour la vache folle ou la grippe aviaire) n'en devient que plus poignante. La comédie se fait amère. Les éleveurs, dépossédés de leur seul bien et de leur libre arbitre par les autorités, sont eux-mêmes traités comme du bétail que l'on manipule à sa guise et sans ménagement. On est toujours le mouton de quelqu'un. Rams, lui, est un réjouissant électron libre, reparti du dernier festival de Cannes avec le prix Un Certain Regard.

DE GRÍMUR HÁKONARSON. AVEC SIGURðUR SIGURJÓNSSON, THEODÓR JÚLÍUSSON, CHARLOTTE BøVING. 1H33. SORTIE: 02/12

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