Critique ciné: Métamorphoses, film mythologique

06/01/15 à 11:44 - Mise à jour à 11:44

Source: Focus

COMÉDIE DRAMATIQUE | Christophe Honoré revisite les Métamorphoses d'Ovidie pour les inscrire dans la France contemporaine. Un film audacieux à front de mythologie classique, où au téléscopage des époques se superpose celui des formes et des idées.

Critique ciné: Métamorphoses, film mythologique

Métamorphoses de Christophe Honoré © Jean-Louis Fernandez

La filmographie de Christophe Honoré n'en finit pas de surprendre: quelques années après La Belle personne, essai réussi de transposition de La Princesse de Clèves dans un lycée parisien, le voilà qui applique un traitement voisin à la poésie d'Ovide, dont il inscrit les Métamorphoses (écrites en l'an 1 de notre ère) dans la France contemporaine. Soit l'histoire d'Europe (Amira Akili), jeune lycéenne d'une banlieue quelconque, décidant un jour de faire l'école buissonnière. Et qui va entamer, au contact d'un séduisant jeune homme, Jupiter (Sébastien Hirel), bientôt relayé par Bacchus (Damien Chapelle) puis Orphée (George Babluani), un curieux voyage initiatique à front de mythologie classique.

S'appropriant l'univers d'Ovide, Christophe Honoré en tire un film audacieux, proposant une traduction libre et littérale à la fois des mythes, transformations incluses. Le résultat est rien moins que fascinant, qui oscille entre ridicule assumé et souveraine poésie, hommes et dieux cohabitant dans une geste insolite et sensuelle où le merveilleux percute le quotidien. S'il y a là l'une ou l'autre scorie, l'interprétation s'avérant par ailleurs joyeusement inégale, ces histoires revisitées opèrent l'air de rien en profondeur, Honoré réussissant à en restituer et faire résonner la beauté. Partant, ce film insolite est bien plus qu'une simple curiosité.

  • DE CHRISTOPHE HONORÉ. AVEC AMIRA AKILI, SÉBASTIEN HIREL, DAMIEN CHAPELLE. 1H42. SORTIE: 07/01.

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