Critique ciné: Le Temps des aveux

13/01/15 à 14:08 - Mise à jour à 15:22

DRAME HISTORIQUE | "Je dois la vie à un homme, Douch, qui en a tué des milliers d'autres." Au coeur du nouveau film de Régis Wargnier, on trouve l'histoire de François Bizot, auteur du roman Le Portail, dont Le Temps des aveux est l'adaptation.

Critique ciné: Le Temps des aveux

Le Temps des aveux © DR

Jeune ethnologue français travaillant à la rénovation des temples d'Angkor, Bizot (Raphaël Personnaz) devait être arrêté en 1971, aux premiers jours de la révolution cambodgienne, par les Khmers rouges, convaincus d'avoir affaire à un espion de la CIA. Ce dont il se défendra bec et ongles pendant les quatre mois que durera sa détention dans un camp perdu au milieu de la jungle, nouant un lien complexe avec son géôlier, Douch (Kompheak Phoeung), celui-là même qui sera installé à la tête du S21, outil d'élimination systématique mis en place par le régime khmer après sa prise du pouvoir en 1975.

C'est leur confrontation, pleine d'ambiguïtés et de mystères, qu'explore Wargnier dans un film fascinant, où l'horreur la plus crue se love dans un cadre à la sérénité trompeuse. Dénonçant les exactions totalitaires, le réalisateur d'Est-Ouest ne se départit pas d'une appréciable retenue, sans y sacrifier en rien la force du propos. Hanté par la justesse de ses deux interprètes principaux, Le Temps des aveux atteint à une troublante densité, culminant lors des retrouvailles entre le bourreau et sa victime. Si le film peut, par endroits, sembler un brin apprêté, le réalisateur y fait converger avec bonheur grande et petite histoire, s'inscrivant aussi dans le prolongement des documentaires de Rithy Panh (ici producteur) sur le génocide cambodgien.

  • DE RÉGIS WARGNIER. AVEC RAPHAËL PERSONNAZ, KOMPHEAK PHOEUNG, OLIVIER GOURMET. 1 H 31. SORTIE: 14/01.

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