[Critique ciné] La La Land, flamboyant

24/01/17 à 15:43 - Mise à jour à 15:47

Source: Focus Vif

COMÉDIE MUSICALE | Troisième long métrage de Damien Chazelle, La La Land voit le réalisateur de Whiplash renouer avec l'esprit et la forme des comédies musicales classiques, convoquant le souvenir des Stanley Donen, Gene Kelly et autre Jacques Demy dans un film flamboyant.

[Critique ciné] La La Land, flamboyant

Le livret en est, somme toute, classique: soit l'histoire de Mia (Emma Stone) et de Sebastian (Ryan Gosling), une aspirante comédienne travaillant dans la cafétéria d'un studio entre deux auditions cauchemardesques, et un pianiste de jazz tendance puriste galérant de mariage en resto en attendant de pouvoir ouvrir un club vintage. Si leur première rencontre, dans l'énervement d'un embouteillage angelino, est glaciale -un doigt d'honneur rageur répond à un coup de klaxon intempestif-, ces deux-là tombent naturellement amoureux, la poursuite de leurs rêves respectifs risquant toutefois de court-circuiter leur relation naissante, suivie pendant quatre saisons...

[Critique ciné] La La Land, flamboyant

Entamé par une chorégraphie endiablée sur une autoroute de Los Angeles, La La Land ressemble, à bien des égards, à un fantasme de musical, avec ce que cela peut supposer d'aussi enchanteur que de résolument over the top. Et Chazelle ne se refuse rien, clin d'oeil à Singin' in the Rain comme, dans un autre registre, citation de Rebel Without a Cause, pour une scène magique à l'observatoire de Griffith Park, par exemple... Stylée et référencée, l'entreprise n'est pas que muséale pour autant, et il émane de ce film une fraîcheur et une liberté réjouissantes, tandis que la vie s'y invite sur les pas de ses deux protagonistes, certes pas les deux meilleurs chanteurs du monde, mais un charisme et un allant stupéfiants qui font mieux que compenser. Porté par leur alchimie ravageuse, il y a là un hommage vibrant au cinéma, au jazz et à Los Angeles, une réflexion sur l'art et les compromis, et une partition aussi émouvante qu'euphorisante résonnant, par-delà les péripéties du scénario, comme la mélodie du bonheur...

DE DAMIEN CHAZELLE. AVEC RYAN GOSLING, EMMA STONE, ROSEMARIE DEWITT. 2H08. SORTIE: 25/01. ****(*)

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