[Critique ciné] La Douleur, un drame bouleversant

30/01/18 à 15:28 - Mise à jour à 15:28
Du Le Vif Focus du 25/01/18

DRAME | Adapté de Marguerite Duras par Emmanuel Finkiel (Voyages), La Douleur est le récit d'une attente épuisante -d'une agonie, pour ainsi dire-, doublé de celui d'une omniprésente absence.

[Critique ciné] La Douleur, un drame bouleversant

À savoir celle de Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, arrêté et déporté en ayant laissé derrière lui Marguerite (Mélanie Thierry), son épouse, écrivain et résistante elle aussi, et n'en pouvant plus, par ces jours qui n'en finissent pas de juin 1944, de se consumer dans l'espoir d'hypothétiques nouvelles. Et la jeune femme, tiraillée par l'angoisse et par sa liaison avec Dyonis (Benjamin Biolay), un camarade issu du même réseau, de se rapprocher dangereusement de Pierre Rabier (Benoit Magimel), un collabo et le seul à même, pense-t-elle, de venir en aide à son mari, dans une relation trouble marquée du sceau de la manipulation... Au départ de ce récit autobiographique, Emmanuel Finkiel livre un voyage mental en tous points fascinant. Fidèle à la langue de Duras -et à ses monologues intérieurs-, mais se défiant du biopic, le réalisateur s'avance à sa suite en zones d'ombres (parfois littéralement). Celles qui assaillent le personnage, chahuté entre émotions contradictoires et auquel Mélanie Thierry, majuscule, réussit à conférer la complexité et l'ambiguïté requises; celles de l'Histoire, aussi, prompte à occulter la réalité des camps, tout à la liesse de la Libération, amplificateur des tourments de l'héroïne. Double perspective qui, couplée à une mise en scène subtilement prégnante, donne à La Douleur un tour aussi bouleversant que pénétrant...

D'Emmanuel Finkiel. Avec Mélanie Thierry, Benjamin Biolay, Benoit Magimel. 2h07. Sortie: 31/01. ***(*)

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