[Critique ciné] Hotel Salvation, tendre et lumineux

12/06/18 à 14:17 - Mise à jour à 14:17
Du Le Vif Focus du 07/06/18

DRAME | Les acteurs sont tous remarquables devant la caméra du cinéaste de 26 ans, dont ce tout premier long métrage est une émouvante réussite.

[Critique ciné] Hotel Salvation, tendre et lumineux

Aller à Bénarès et mourir. Pour tout hindou pieux, c'est là, au bord du Gange majestueux, qu'on s'en va idéalement terminer sa vie pour obtenir le salut. Daya est un beau vieillard à la barbe et aux cheveux blancs. Veuf et fatigué, il se sent prêt, et l'annonce à son fils, à sa belle-fille et à leur enfant, une jeune femme dont le mariage est prévu pour bientôt. S'arrachant à une vie professionnelle trépidante et envahissante, Rajiv accompagne son père à Bénarès. Un hôtel les accueille, dont les clients attendent leur dernier souffle et ne peuvent rester là que quinze jours, en principe... Sur un sujet on ne peut plus dramatique, en pleine phase avec la culture religieuse (polythéiste et en partie animiste) de son pays, le réalisateur indien Shubhashish Bhutiani signe un film tendre et lumineux, drôle aussi, et optimiste au fond. Il observe la trajectoire du grand-père et ses répercussions sur la famille: un fils trop occupé par son job pour se consacrer aux siens, une bru ne disant pas tout et une petite-fille qui pourrait bien désirer autre chose qu'un mariage arrangé... Les acteurs sont tous remarquables. Adil Hussain (La Saison des femmes, L'Odyssée de Pi), le seul connu en Occident, campe le fils. Lalit Behl, qui joue Daya, est producteur-réalisateur-metteur en scène de théâtre en plus d'être comédien. Geetanjali Kulkami (la mère) et Palomi Ghosh (la fille) sont elles aussi excellentes devant la caméra du cinéaste de 26 ans, dont ce tout premier long métrage est une émouvante réussite.

De Shubhashish Bhutiani. Avec Adil Hussain, Lalit Behl, Geetanjali Kulkami. 1h35. Sortie: 13/06. ***(*)

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