[Critique ciné] Centaur, limpide et tortueux

20/03/18 à 10:12 - Mise à jour à 10:13
Du Le Vif Focus du 15/03/18

DRAME | Au Kirghizistan, le cheval est au centre de la vie rurale. On l'élève en nombre. On le vole, aussi.

[Critique ciné] Centaur, limpide et tortueux

L'homme qu'on a surnommé Centaur pour ses qualités de cavalier s'est autrefois illustré dans cette activité. Mais cela fait quelques années qu'il s'est retiré, laissant la place à un voleur plus jeune, connu de tous et sur lequel porteront les soupçons quand un "crac" est emmené de nuit par un inconnu, qui le monte au grand galop avant de l'abandonner dans la steppe où l'animal est bientôt retrouvé. L'accusé se défend, des regards se tournent vers Centaur. À raison, car le vieil homme aime trop les chevaux pour résister à la tentation d'emprunter les meilleurs d'entre eux, le temps d'une chevauchée fantastique...

Puissamment ancré dans la réalité d'un pays mal connu et peu montré au cinéma, Centaur développe un récit tout à la fois limpide et tortueux, où les femmes vont elles aussi tenir un rôle majeur. Les images sont belles, qui explorent les rapports entre humains, chevaux et paysages sauvages d'Asie centrale. Aktan Arym Kubat a écrit et réalisé un film dont il tient aussi lui-même le rôle principal. Le cinéaste de Beshkempir (1998) et Le Voleur de lumière (2010) est aussi convaincant devant que derrière la caméra. Son lyrisme poignant devant la perte des traditions et les crispations d'une société kirghize où les lignes bougent désormais rapidement est extraordinairement communicatif.

De Aktan Arym Kubat. Avec Aktan Arym Kubat, Nuraly Tursunkojoev, Zarema Asanalieva. 1h29. Sortie: 21/03. ****

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