[Critique ciné] Before We Vanish, Kurosawa un peu gadget

05/06/18 à 10:37 - Mise à jour à 10:37
Du Le Vif Focus du 31/05/18

SCIENCE-FICTION | Une divagation un peu raide aux accents de comédie outrés qui évoque moins Invasion of the Body Snatchers que La Soupe aux choux...

[Critique ciné] Before We Vanish, Kurosawa un peu gadget
[Critique ciné] Before We Vanish, Kurosawa un peu gadget

Formaliste hors pair de l'indicible spécialisé dans les thrillers horrifiques et les histoires de fantômes, Kiyoshi Kurosawa (Cure, Kaïro) n'est jamais aussi bon que quand il se pique de signer des oeuvres situant leurs enjeux à l'exact confluent du drame humain sensible et du pur film de genre. Dans la lignée directe de Real qui, en 2013, explorait déjà la thématique amoureuse par le prisme de la science-fiction, Before We Vanish le voit ainsi investir le terrain de la fable apocalyptique en cinéaste de l'intime. Adaptation d'une pièce de théâtre nippone à succès parodiant les productions SF des années 50, le film suit les trajectoires croisées de trois envahisseurs débarqués sur Terre afin de dérober un maximum de concepts humains en vue d'une imminente invasion extraterrestre: le travail, la famille, la notion de propriété, mais aussi et surtout l'amour... Obsédé par l'idée même de disparition, couplée à celle de la possibilité de se réinventer, Kurosawa peine hélas à insuffler autre chose que de la fantaisie un peu gadget au grand chambardement social qu'il prend pourtant un évident plaisir à orchestrer. Les véritables aliens ne sont peut-être pas ceux que l'on croit? À l'arrivée, cette divagation un peu raide aux accents de comédie outrés évoque moins Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel que La Soupe aux choux de Jean Girault. "Si on ne peut plus péter sous les étoiles sans faire tomber un martien, il va nous en arriver des pleines brouettes..."

De Kiyoshi Kurosawa. Avec Masami Nagasawa, Ryuhei Matsuda, Hiroki Hasegawa. 2h09. Sortie: 06/06. **(*)

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