Cloclo

13/03/12 à 16:08 - Mise à jour à 16:08

BIOPIC | Improbable sosie de Dave période "Vanina" dans le "Potiche" de François Ozon, Jérémie Renier revêt aujourd'hui les habits de lumière de Claude François dans un biopic moins lisse qu'attendu. Le kitsch lui va si bien.

CLOCLO, BIOPIC DE FLORENT EMILIO SIRI. AVEC JÉRÉMIE RENIER, BENOÎT MAGIMEL. 2 H 28. SORTIE: 14/03.

Cloclo

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Loin de toute tentation hagiographique, le film égratigne gentiment le mythe Cloclo, dont le désir dévorant de reconnaissance et le caractère difficile (euphémisme) sont pourtant balayés par le charisme d'un personnage évoluant au coeur d'un tsunami d'énergie, à même d'emporter tout sur son passage -à commencer par les vaines réticences des non-fans de Claude François, craignant légitimement de ressortir les oreilles quelque peu écorchées par 2h28 de variété nasillarde. Lui emboîtant le pas avec une frénésie quasi équivalente, Siri réussit le portrait d'un chanteur qui, sous le lustre ringardisé des costumes à paillettes, reste une figure singulièrement moderne: wonder boy en porcelaine obsédé par son image, doublé d'un roi de la com' prêt à tout pour réussir. Derrière le clinquant d'un biopic somme toute très balisé, alignant les épisodes marquants de la vie de Claude François à la manière d'une page Wikipédia, le réalisateur de Nid de guêpes se fend ainsi d'un film que l'on sent personnel. Difficile en effet de ne pas voir dans ce chanteur à minettes fasciné par les Sinatra et autre Otis Redding le reflet du rêve américain d'un Florent Emilio Siri qui signait Hostage en 2005 avec Bruce Willis et fait partie, avec les Kassovitz, Leterrier, Richet, etc., de cette génération de cinéastes français entretenant le fantasme d'un certain savoir-faire hollywoodien. Dommage que le final, quelque peu -osons le mot- ampoulé, s'abîme en d'inutiles explications psychologisantes, qui raccrochent les failles du personnage au paradis perdu d'une enfance idéalisée.

N.C.

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