6 choses à savoir à propos du Big Lebowski

07/03/13 à 11:36 - Mise à jour à 11:36

The Big Lebowski fête son quinzième anniversaire. Le moment idéal pour revoir le chef d'oeuvre des frères Coen pour la cinquantième fois. Voici six anecdotes pour impressionner vos co-dudes.

6 choses à savoir à propos du Big Lebowski

© DR

1. The Dude est Philip Marlowe affublé d'une barbe collier

Si cette constatation peut a priori avoir l'air stupide, elle explique l'intrigue. En effet, The Big Lebowki est un film noir -et surtout un hommage aux films de Philip Marlowe, The Big Sleep (Le grand sommeil) en particulier.

Vous voulez des preuves? La scène dans laquelle le Dude se dirige pour la première fois vers Lebowski cloué dans sa chaise roulante pour exiger son tapis contient de nombreux parallèles avec l'ouverture du film de Chandler, The Big Sleep, où le général cloué en chaise roulante convoque le détective Sternwood (Humphrey Bogart). La fille riche amoureuse du héros? La belle jeune femme libérale avec un alter ego en pornographie? Le butler rigide de la maison? Tous des personnages issus du Grand sommeil.

L'enchevêtrement ridicule d'intrigues renvoie au Big Sleep, un film si compliqué que le réalisateur Howard Hanks avait dû demander à l'écrivain Raymond Chandler de lui expliquer qui a tué qui.

2. Aimee Mann est la nihiliste à neuf orteils

"We'll cut off your johnson!" Maintenant que tout le monde a reconnu le Red Hot Chili Pepper Flea comme l'un des nihilistes allemands, le véritable dudeïste ne trouve même plus qu'il vaille la peine de mentionner son apparition.

Ce que l'on sait moins, c'est que la femme à neuf orteils assise à côté de lui dans la crêperie, est l'auteur-compositeur Aimee Mann, c'est d'ailleurs son seul rôle au cinéma. Sans doute le caméo le plus étrange du film, mais pas le seul: si vous cherchez bien, vous apercevez Charlie Kaufman, le scénariste de Eternal Sunshine of the Spotless Mind, dans le théâtre pendant la scène de danse.

L'homme sur la photo de bowling affiché au mur du Dude est le président Richard Nixon, un bowleur notoire. Et la partenaire de Tara Reid -"You must be here to fix the cable"- Log Jammin n'est autre que la pornstar Asia Carrera. Oui, c'est là que vous l'aviez déjà vue, cochon.

3. The Dude date son chèque le 11 septembre

Après coup, un détail particulièrement étrange à la deuxième minute: pendant que dans le fond George Bush débite "this will not stand, this agression against Kuwait!", un speech adressé à Saddam Hussein, The Dude signe un chèque daté du 11 septembre 1991. Exactement dix ans avant les attentats, vous l'auriez compris. Un hasard, vu que The Big Lebowski est sorti en 1998, ce qui n'a pas empêché les adeptes de théories de complot de prôner qu'Hollywood était au courant de ce qui arriverait aux tours jumelles.

Autres preuves issues de l'industrie des loisirs: le passeport de Neo dans The Matrix, qui périme le 11 septembre 2011, un épisode des Simpson où Homer découvre un sabot à sa voiture garée devant les twin towers et un épisode de la série Lone Gunmen où un 747 est détourné pour voler dans le WTC. Ce qui rend le tout encore plus suspect, c'est que The Dude falsifie la date, selon toutes sortes de forums Internet, vu que la logique interne du film -nous ne vous ennuyons pas avec des détails- suppose qu'on est le 7 septembre et que le discours de Bush date de 1990. Ah!

4. "It really tied the room together" est une citation d'un certain Peter Exline

Soit un scénariste ayant fait la connaissance des frères Coen à l'époque de Blood Simple, leur premier film et baptisé "Uncle Pete, the philosopher king of Hollywood". Fin des années quatre-vingt, son running gag consistait à attirer l'attention des hôtes sur son faux tapis d'Orient au living, sorti de la poubelle des voisins, avec les mots: "Doesn't this rug tie the room together?"

Exline raconte aussi aux frères Coen comment il a retrouvé sa Mazda volée avec les devoirs d'un garçon -Jaik Freeman- à l'arrière, avant de rendre visite au garçon et de le menacer avec les mots: "We know you stole the car, Jaik", une citation qui vous dit sans doute quelque chose...

Exline n'est pas le seul excentrique parmi les amis des frères Coen à avoir atterri dans le film: le réalisateur et scénariste John Milius (Dirty Harry, Apocalypse Now), qui a fait le Vietnam avec Exline, est la source principale d'inspiration pour Walter, le personnage de John Goodman.

5. Le White Russian était le cocktail préféré d'un certain Jeff Dowd

Oui, le véritable The Dude existe: Jeff Dowd, producteur indie et collaborateur du Seattle International Film Festival, où il a fait la connaissance des frères Coen au début de sa carrière. Ancien activiste politique, parasite à mi-temps, appelé The Dude depuis son plus jeune âge -logique vu son nom de famille-, il avait une prédilection pour les chemises Hawaï et les White Russian -deux doses de vodka, une dose de crème. Aussi, tout dudeïste qui se respecte doit voir le documentaire de 18 minutes sur sa vie, réalisé par Jeff Feuerzeig, l'homme derrière le brillant The Devil and Daniel Johnston.

Bizarrement, après le succès du film, Dowd a commencé à mener une vie de "véritable Dude" en participant sans vergogne aux Lebowki Fests. Du parasitage financier sur le dos des autres: le Dude en serait fier.

6. Donny n'est pas surpris sans raison

"Ow shit, Dude, I'm sorry. Goddamn wind." La mort de Donny (Steve Buscemi) n'est pas un hasard de scenario, mais sans doute l'apogée de l'obsession étrange des frères Coen à vouloir faire mourir Buscemi en particules toujours plus petites. Tué d'un coup de feu dans le visage et putréfié dans Miller's Crossing; tué à coups de hache et broyé dans Fargo; et finalement incinéré dans The Big Lebowski.

Au total, Buscemi est déjà mort douze fois au cinéma et à la télévision: entre autres scalpé, transpercé par un pic à glace ou quatre coups de shotgun. Notez aussi que le Dude ignore Donny pendant tout le film et ne converse qu'une seule fois directement avec lui. "Phone's ringing, Dude." "Thanks, Donny."

Geert Zagers/Trad CB

En savoir plus sur:

Nos partenaires