L'oeuvre de la semaine: Les sujets qui fâchent

28/06/15 à 11:02 - Mise à jour à 11:02

Tous les systèmes autoritaires se ressemblent et les artistes en dérangent la netteté. En Chine, l'art est devenu un ambassadeur appréciable de ce que le génie du lieu peut produire.

L'oeuvre de la semaine: Les sujets qui fâchent

Hei Yue, "1, 2, 3... 16", 2006. © Copyright The Artist. Courtesy of Gallery Paris Beijing.

Inventif, audacieux, adroit à se faufiler entre les mailles du marché international et de la censure, il s'est imposé chez les collectionneurs occidentaux avides de nouvelles niches où placer leur agent. Mais peut-on tout dire? La liberté est sous haute surveillance. Certains ateliers sont gardés par la milice, des artistes sont inquiétés, interdits d'exposer, voire jetés en prison. Ils sont peu nombreux mais ils sont bien là, réunis dans une exposition rare: Ai Wei Wei, les Frères Gao, Chi Peng ou encore Ren Hang. Leur tort: avoir osé. Oser affronter la politique en place, pointer la milice, narguer l'autorité, évoquer l'épisode Tiennanmen ou parler de sexualité sans barrière.

On se souvient sans doute de cette célèbre photo montrant une jeune étudiante américaine qui, lors d'une manifestation contre la guerre du Vietnam, offre une fleur à une des policiers en le fixant dans les yeux. Dans la photographie de Hei Yue la contestation de l'autorité est à la fois violente et passive. Rien ou presque. L'homme de dos, ne bouge pas. Crâne lisse, cul à l'air, pieds nus, il porte un bien provocant et symbolique bâton de pèlerin (ou de berger). Devant lui, un groupe de policiers veille. Le silence est de mise sur fond rouge impérial. Le spectateur à qui, finalement s'adresse ce portrait de famille peut, soit, être effrayé, soit, condamner, soit... sourire comme l'un ou l'autre des gardiens de l'ordre public. Titrée "Temporary Boudaries", l'exposition réunit vidéastes, photographes et dessinateurs qui en étonneront plus d'un.

Bruxelles, Galerie Paris Beijing. Hôtel Wissinger. Rue de l'Hôtel des Monnaies, 66. Jusqu'au 15 juillet. Du mardi au samedi de 11h à 19h. www.galerieparisbeijing.com

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