Critique scènes: Pandax, une réunion de famille à toute berzingue

Nicolas Naizy Journaliste

Le cirque La Compagnie a donné le coup d’envoi ce mardi du festival Up. À bord d’une Fiat Panda, la réunion de cinq frères s’annonce chahutée.

Ils sont cinq jeunes mecs que tout semble opposer, mais obligés de cohabiter, entassés qu’ils sont dans leur Fiat Panda. S’engageant sur une départementale de province, le bolide un rien cabossé connaît une embardée contraignant le quintet à errer dans cette campagne avec pour seul bagage l’urne contenant les cendres de leur père, on l’apprendra en cours de représentation. Car ils sont frères, d’un même paternel mais de mères différentes (c’est le site de la compagnie qui nous le précise). Ensemble, les cinq Simon (c’est leur prénom à tous) vont apprendre à se connaître.

Les débuts sont chaotiques. Bagarreurs, tempétueux, les jeunes hommes vont se servir de leur voiture comme d’un espace de jeu et de rebond, traversant la carlingue, par devant, par derrière, sans oublier les côtés. La réunion de famille va gagner peu à peu en harmonie, chacun trouvant sa place dans le groupe, les talents se déployant tour à tour et la complicité s’installant. Les obstacles et les éléments se dressent pourtant contre eux : un lampadaire capricieux sert là de mât chinois, une mobylette devient ici le seul véhicule de la bande acrobatique. Virtuosité il y a, notamment dans l’exécution d’un ballet à la bascule absolument fantastique dans ses enchaînements chronométrés, réunissant dans l’effort la fratrie réconciliée.

Critique scènes: Pandax, une réunion de famille à toute berzingue
© DR

De la vie !

Pour accompagner cinq mecs sur scène (Zackary Arnaud, Baptiste Clerc, Boris Fodella, Charlie Mach et Nicolas Provot), il fallait bien trois filles pour orchestrer les retrouvailles. Depuis leur perchoir, Seraina De Block, Astrid Creve et Ondine Cantineau soulignent d’une musique fanfaresque ou d’un chant polyphonique comme venu du sud profond de l’Italie les vicissitudes exécutées sur la piste.

Pandax se déroulé à un rythme effréné pour au final nous laisser apprécier tous les talents des artistes, acrobates admirables ayant chacun leur moment de gloire. Plaisir au quintuple donc ! Dans leur force et leur vitalité, ils parviennent à venir déposer un brin de douceur et de délicatesse dans leurs réceptions au sol ou dans leurs intermèdes chorégraphiés. Si c’est autour d’un mort qu’ils se retrouvent, c’est essentiellement de la vie qu’ils insufflent sous le chapiteau. Un coup d’envoi pétaradant pour le festival de cirque contemporain Up qui se déploie dans toute la ville (27 spectacles dans 11 lieux en tout) jusqu’au 27 mars.

Critique scènes: Pandax, une réunion de famille à toute berzingue
© Hervé Bigey

Pandax, du cirque La Compagnie, jusqu’au 18 mars sous le chapiteau installé sur le site de UP circus and performing arts, Molenbeek-Saint-Jean. www.upupup.be/festival

Partner Content