WarioWare: Do It Yourself envahissait la Game Developers Conference(1) en 2009 et frappait vraiment juste. Au-delà de son éditeur de minijeux permettant de prototyper des idées ludiques en quelques coups de stylet (sur Nintendo DS), son univers loufoque et frappadingue collait parfaitement avec l'esprit indé du salon de San Francisco. Douze ans et un épisode (WarioWare Gold sur 3DS) plus tard, l'antihéros de Nintendo revient avec un Get It Together! que personne n'avait vraiment demandé. Pas étonnant car le moustachu qui "adore les trésors, l'argent et surtout l'ail" aime taper l'incruste.
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WarioWare: Do It Yourself envahissait la Game Developers Conference(1) en 2009 et frappait vraiment juste. Au-delà de son éditeur de minijeux permettant de prototyper des idées ludiques en quelques coups de stylet (sur Nintendo DS), son univers loufoque et frappadingue collait parfaitement avec l'esprit indé du salon de San Francisco. Douze ans et un épisode (WarioWare Gold sur 3DS) plus tard, l'antihéros de Nintendo revient avec un Get It Together! que personne n'avait vraiment demandé. Pas étonnant car le moustachu qui "adore les trésors, l'argent et surtout l'ail" aime taper l'incruste. L'étrange attraction exercée par la série des WarioWare s'explique d'abord par son rythme effréné. On s'y enfile ainsi des séries de dizaines de jeux d'arcade très brefs dont il faut comprendre les enjeux et systèmes instantanément. Éviter une pluie de fientes de pigeons, tourner un gouvernail pour éviter la collision avec un vaisseau spatial, s'échapper d'un sac poubelle... Au final, la résolution de ces problèmes (entre déplacement d'objets, destruction de décors et esquive des dangers) est très gratifiante. Si bien qu'on en redemande toujours plus. Avec ses 200 micro jeux d'arcade, ce zapping ludique livre non seulement un gameplay singulier mais déballe aussi un style graphique dingue. Pixel art, dessins à la Cartoon Network, gribouillis d'enfants et autre 3D polygonale primitive emballent des sketches drolatiques souvent pathétiques et/ou louches. Difficile, par exemple, de ne pas sourire lorsqu'on fait gondoler le sol d'un parcours de golf pour aider un très mauvais joueur... Nouveauté majeure de WarioWare: Get It Together!, chacun de ses minijeux se pratique -au hasard- avec des protagonistes aux capacités diverses, parmi une quinzaine de profils. Wario vole et dash horizontalement tandis que Young Cricket saute plus classiquement comme Mario. 18-Volt tire des disques à 360 degrés et Dr. Crygor nage dans les airs, via des poussées successives. Autant de mouvements différents qui changent agréablement les approches lorsqu'il s'agit de pousser trois fois le bras d'un culturiste masqué pour voir ses biceps grossir à vue d'oeil. Ou encore pour arracher les poils d'une statue torse nu. Le level design s'adapte légèrement aux capacités des différents héros et, malgré la redondance de certains pouvoirs spéciaux, le trip se distingue suffisamment de ses prédécesseurs pour justifier son existence. Last but not least, quelques niveaux se gorgent de clins d'oeil rétrogaming. Les fan boys de Big N garderont difficilement leur calme dans les décors originaux de Super Mario Land sur Game Boy, ou de Super Metroid sur Super NES. Jouable sur le même écran à deux (en mode coop) ou à quatre (en mode vs), WarioWare: Get It Together! détonne donc encore malgré les 18 ans d'âge de la franchise. Un shoot d'adrénaline fascinant mais à ne pas pratiquer le soir, sous peine de nuit blanche. (1) Salon dédié à des développeurs principalement indés, qui héberge également le très prestigieux Independent Game Festival.