MEILLEUR FILM

LE CHOIX DE FOCUS
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LE CHOIX DE FOCUS Life of Pi, d'Ang Lee Neuf films nominés, mais aucune trace des deux Anderson, Wes avec Moonrise Kingdom et Paul Thomas avec The Master, comprenne qui pourra. Argo de Ben Affleck et Lincoln de Steven Spielberg ont les faveurs des pronostics; à quoi l'on préférera une troisième voie, celle de l'épatant Life of Pi d'Ang Lee, récit initiatique renouant, en 3D encore bien, avec la fantasmagorie d'un cinéma d'aventures à l'ancienne. LE FAVORI Argo, de Ben Affleck Nul ne doutait, voici quelques semaines encore, du triomphe de Steven Spielberg, 19 ans après le doublé meilleur film-meilleur réalisateur de The Schindler's List. Depuis, les Golden Globes et les Bafta sont toutefois passés par là, couronnant le Argo de Ben Affleck. Passé du statut d'outsider de luxe à celui de grandissime favori, ce dernier devrait réaliser, dimanche, la passe de trois.LE CHOIX DE FOCUS Joaquin Phoenix Oublié aussi bien dans la catégorie meilleur film que dans celle du meilleur réalisateur, The Master de Paul-Thomas Anderson pourrait se voir attribuer mieux qu'un prix de consolation avec l'Oscar du Meilleur acteur à Joaquin Phoenix, phénoménal en ex-Marine à la dérive. L'occasion de réparer un oubli: l'acteur aurait déjà dû être couronné, il y a sept ans de cela, pour sa mémorable interprétation de Johnny Cash dans Walk the Line. LE FAVORI Daniel Day-Lewis Tout indique pourtant que c'est le rare (et toujours exceptionnel) Daniel Day-Lewis qui devrait être élu par ses pairs pour son Lincoln, glanant ainsi une troisième statuette après celles de My Left Foot et There Will Be Blood. De quoi en faire le recordman absolu en la matière -honneur que ne semblent en mesure de lui contester ni Bradley Cooper, ni Denzel Washington, ni Hugh Jackman, et si peu Joaquin Phoenix...LE CHOIX DE FOCUS Ang Lee Il fallait un cinéaste de la trempe d'Ang Lee pour réussir l'impossible: transposer à l'écran L'odyssée de Pi, roman réputé inadaptable de l'écrivain canadien Yann Martel. Sept ans après, on verrait bien un nouvel Oscar de la mise en scène s'ajouter à celui de Brokeback Mountain pour le réalisateur taïwanais, dont le film, brassant des enjeux aussi bien humains que philosophiques, est un pur enchantement. LE FAVORI Steven Spielberg Ben Affleck n'ayant pas été nominé pour Argo, la voie semble dégagée pour Steven Spielberg, à qui Lincoln devrait valoir son troisième Oscar du Meilleur réalisateur, après ceux de The Schindler's List et de Saving Private Ryan. Il rejoindrait ainsi Frank Capra et William Wyler dans le cercle très fermé des metteurs en scène trois fois lauréats (John Ford restant le recordman absolu, avec quatre statuettes).LE CHOIX DE FOCUS Jennifer Lawrence Révélée dans Winter's Bone, et barrée à l'époque par Natalie Portman, Oscar pour Black Swan, Jennifer Lawrence illumine cette fois le Silver Linings Playbook de David O. Russell, une comédie adulte comme le cinéma américain n'en produit plus que fort peu. De quoi, à 22 ans à peine, peaufiner un profil de star que lui a taillé The Hunger Games, et que compléterait opportunément un premier Oscar. LE FAVORI Jessica Chastain Inconnue il y a deux ans d'ici, Jessica Chastain a explosé depuis, de Take Shelter en The Help, de The Tree of Life en Zero Dark Thirty, son rôle d'agent de la CIA opiniâtre dans le film de Kathryn Bigelow devant lui valoir la consécration sous la forme d'un Oscar. A moins, bien sûr, d'une surprise nommée Jennifer Lawrence, voire Emmanuelle Riva qui, à 85 ans, n'a pas fini de goûter au vertige de Amour, le film de Michael Haneke. LE CHOIX DE FOCUS No, de Pablo Larrain Certes, tout indique que Amour de Michael Haneke poursuivra à Los Angeles une moisson de lauriers entamée en mai dernier au festival de Cannes. S'il n'y aurait là que justice, mention toute particulière à No, du réalisateur chilien Pablo Larrain, qui boucle avec maestria sa trilogie sur les années Pinochet, revenant sur la campagne au non au référendum qui devait aboutir, en 1989, à la destitution du dictateur. LE FAVORI Amour, de Michael Haneke Sauf séisme de dernière minute, on ne voit pas ce qui pourrait empêcher Michael Haneke d'ajouter un Oscar à la collection de trophées qui se sont accumulés depuis la Palme d'or, parmi lesquels une volée de European Film Awards et autres Golden Globes. Reste à voir avec combien de statuettes le réalisateur autrichien, nominé dans cinq catégories, repartira du Dolby Theatre de Los Angeles...TEXTE JEAN-FRANÇOIS PLUIJGERS