Cruella
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L'impeccable Emma Stone succède à Glenn Close dans le rôle de Cruella de Vil, dans ce prequel en live-action aux 101 Dalmatiens que signe Craig Gillespie, réalisateur de l'appréciable I, Tonya. Soit, dans le Londres punk de la fin des années 70, l'histoire d'Estella, adolescente flirtant avec les embrouilles et bien décidée à se faire un nom dans le milieu de la mode, moment où ses créations sont remarquées par la baronne von Hellman, campée par Emma Thompson, pour un duo que l'on pressent d'enfer. J.F.Pl.Près d'un an après avoir décroché le Lion d'or à la Mostra de Venise, Nomadland, le troisième long métrage de Chloé Zhao (The Rider), débarque enfin sur nos écrans, tout juste auréolé d'un brelan d'Oscars amplement mérités: meilleur film, meilleure réalisatrice et meilleure actrice (pour Frances McDormand). Il y a là, adapté du roman éponyme de Jessica Bruder, un road-movie puissant, parti à la rencontre des marginaux du rêve américain à la suite de Fern, une femme que la faillite de sa petite ville du Nevada incite à prendre la route pour rejoindre le cortège de nomades des temps modernes. Et de dériver dans l'immensité de l'espace états-unien d'emplois incertains en petits boulots, entre réalité précaire et irrépressible appel de liberté. J.F.Pl.S'il a déjà été diffusé en télé et a beaucoup tourné dans les festivals, le docu méritait assurément sa sortie officielle en salles. Dans Petite fille, le Français Sébastien Lifshitz fait le portrait de Sasha, une jeune gamine d'une grande intelligence sensible née dans un corps de garçon. Entre témoignages sans fard et combats douloureux menés au quotidien par son entourage pour faire valoir sa différence, il livre une lumineuse leçon de vie et d'amour portée par un vrai regard de cinéaste. N.C.Le film d'espionnage de la guerre froide est un genre en soi, qui a accouché de quelques classiques comme The Spy Who Came in from the Cold ou, plus près de nous, Tinker, Tailor, Soldier, Spy. À la suite de ceux-là, The Courier, de Dominic Cooke, expédie Benedict Cumberbatch de l'autre côté du Rideau de fer, sous les traits d'un homme d'affaires britannique - Un espion ordinaire, dit la VF- chargé rien moins que de tenter de désamorcer incognito la crise des missiles de Cuba. Vintage. J.F.Pl.Film-cousin du récent Effacer l'historique de la paire Kervern et Delépine, le nouveau long métrage de Bruno Podalydès (Dieu seul me voit, Comme un avion) se moque du monde très codé de l'entreprise et des start-up, rit de son langage supposément branché et joue du décalage entre l'homme et la machine dans la grande tradition du cinéma burlesque. Partant de l'idée pas si loufoque d'un type obligé de cacher sa paternité afin de trouver du travail, il détricote l'absurde idéal de croissance et de compétitivité de la société moderne en y remettant de l'humour, de la poésie et de la douceur. Avec le ton si singulier qui le caractérise, il ne manque pas de dégoupiller au passage quelques idées assez géniales. Comme ces combats de drones, par exemple... N.C.Qui a dit que la France n'était pas taillée pour le cinéma de genre? Primé à Gérardmer, le nouveau long métrage des frangins Boukherma (Willy 1er) fait le pont entre le désoeuvrement plouc de la Macronie rurale et la grande tradition saignante des films de loup-garou américains des années 80! Teddy, au fond, c'est un peu comme si le P'tit Quinquin de Bruno Dumont avait fusionné à la pleine lune avec le meilleur du cinéma de John Landis ou de Joe Dante. Un régal d'iconoclasme punk à l'humour ravageur. N.C.Chronique rurale d'inspiration autobiographique, Minari observe l'inexorable délitement du rêve américain que nourrit une famille d'origine coréenne venue s'installer en Arkansas pour y cultiver la terre. Mais c'est un sentiment d'espoir fragile qui domine dans le regard rempli de douceur de son réalisateur. Trouvant dans une limpide épure filmique matière à épouser les discrets frémissements de la vie, Lee Isaac Chung livre une profonde réflexion identitaire dont se dégage un délicat sentiment d'harmonie. N.C.Qui dit cinéma l'été pense traditionnellement reprises. À défaut d'avoir pu fêter ses 20 ans en grande pompe à Cannes au printemps 2020, In the Mood for Love, le chef-d'oeuvre de Wong Kar-Wai, retrouve le chemin des salles après avoir fait l'objet d'une restauration 4K. Et l'on brûle de retrouver Maggie Cheung et Tony Leung dans ce film, l'un des plus beaux jamais tournés, modèle de retenue et de sensualité que parcourt une onde délicieusement mélancolique. Un pur ravissement. J.F.Pl.Six ans après Una via a Palermo, le second long métrage de la cinéaste et dramaturge italienne Emma Dante met en scène les cinq soeurs Macaluso, que l'on découvre dans l'élan de la jeunesse, s'apprêtant à passer une journée à la plage. Avant d'être rattrapées par la fatalité, venue emporter la cadette et hanter les aînées, tragédie que la caméra embrasse avec une rare justesse, se jouant du temps comme pour mieux libérer les émotions et laisser une impression indélébile. Un intense moment de cinéma. J.F.Pl.Aretha Franklin sera omniprésente sur les écrans cet été, puisqu'elle fait l'objet de la troisième saison de la série Genius, du National Geographic, où elle est interprétée par Cynthia Erivo (à découvrir dès le 4 juin sur Disney +), mais aussi d'un biopic, Respect, dont la réalisation a été confiée à Liesl Tommy, une cinéaste ayant fait ses armes à la télévision. Elle y est campée par l'actrice-chanteuse Jennifer Hudson, oscarisée pour Dreamgirls, un choix qu'avait posé la "Queen of Soul" elle-même... J.F.Pl.