Critique | Cinéma

Critique ciné : Revoir Paris, récit raté de résilience et de consolation

2,5 / 5
© Stéphanie Branchu
2,5 / 5

Titre - Revoir Paris

Genre - Drame

Réalisateur-trice - Alice Winocour

Casting - Virginie Efira, Benoît Magimel, Grégoire Colin

Durée - 1h43

Nicolas Clément
Nicolas Clément Journaliste cinéma

Alice Winocour et Virginie Efira passent à côté de leur sujet dans un drame qui s’inspire des attentats de novembre 2015 en France.

Revoir Paris

L’onde de choc consécutive aux attentats de Paris du 13 novembre 2015 n’en finit pas d’inspirer la fiction française. Après le film Amanda de Mikhaël Hers ou la première saison de la série En thérapie sur Arte, avant les longs métrages Novembre de Cédric Jimenez avec Jean Dujardin (sortie le 5 octobre prochain) et Vous n’aurez pas ma haine de Kilian Riedhof avec Pierre Deladonchamps, c’est donc au tour d’Alice Winocour de s’emparer du sujet avec Revoir Paris. Réalisatrice d’Augustine, de Maryland et autre Proxima, celle-ci est d’autant plus légitime pour le faire que son propre frère a survécu à la tuerie du Bataclan et qu’elle a échangé des messages ce soir-là avec lui alors qu’il était encore caché. Elle évite néanmoins de s’attaquer frontalement à l’événement, préférant en déplacer les enjeux sur un terrain fictif, dans une grande brasserie de Paname, où survient un attentat violent dont le mode opératoire rappelle ceci dit immanquablement celui des attaques de novembre 2015. Mia (Virginie Efira, peu à son affaire) fait partie des personnes présentes ce soir-là et survit au massacre. Quelques mois plus tard, alors qu’elle n’a toujours pas réussi à reprendre le cours normal de son existence et qu’elle ne se rappelle du drame que par bribes, elle se résout enfin à se confronter à ses souvenirs et à ceux des autres pour tenter de retrouver le chemin d’un hypothétique bonheur…

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En surface

Revoir Paris, bien sûr, se nourrit de l’expérience et des mots du frère de la cinéaste. Cette dernière déclare aussi avoir voulu, à travers ses différents protagonistes, connecter des mondes qui ne se seraient jamais rencontrés en l’absence de tragédie. Elle filme Paris comme un personnage touché dans sa chair et invite à poser un regard nouveau sur la ville, un regard qui succède au trou noir de la violence. Mais en se frottant à l’indicible, elle montre hélas surtout très vite les limites de son cinéma, se contentant poussivement de filmer pendant de longues minutes des personnages fixant le vide sans jamais donner à ressentir ni même à deviner quoi que ce soit de leur vie intérieure -à dire vrai, ils n’ont même pas l’air d’en avoir vraiment une…

© National

Récit raté de résilience et de consolation, le film offre une vision éminemment simpliste et romantisée, presque bébête, de la reconstruction psychologique. Comme si tout ça, au fond, avait juste à voir avec une espèce de petite enquête perso à la Cluedo, qu’il s’agissait d’un simple puzzle intime à reconstituer avant de pouvoir enfin avancer. On y apprend à aller mieux en caressant les cicatrices de l’autre ou en se tenant gentiment la main, et c’est à peu près tout… Entre complaisance fascinée pour le drame et émotions au rabais, Revoir Paris donne ainsi le sentiment gênant de n’être qu’une superficielle et laborieuse peinture explicative du trauma pour les nuls.

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