Vincent Bolloré, le dépeceur

Poussé dehors par Bolloré, Yann Barthès a quitté Canal + pour le groupe TF1. © DR
Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Liquidation de personnel, changements incessants de stratégie… Le supermanager et coupeur de têtes s’est présenté jusqu’ici davantage comme un fossoyeur et un cost killer autoritaire que comme un brillant gestionnaire.

Une diminution de 542.000 abonnés sur un an… On ne peut pas dire que l’annonce, en novembre, des chiffres de Canal+ ait conforté Vincent Bolloré dans un siège de patron incontestable et incontesté de la chaîne à péage.

Exit la majorité de ses dirigeants mais aussi Thierry Ardisson, Daphné Burki (toujours dans le groupe mais passés chez C8), Ali Baddou et surtout Yann Barthès, dernier emblème (avec les films de boules) de la chaîne cryptée. L’animateur du Petit Journal s’en est allé, emmenant avec lui quasiment toute son équipe sur les antennes du groupe TF1.

Bolloré a essayé. Il a essayé, en France du moins, de… crypter leGrand Journal de Victor Robert, faisant chuter son audience à 130.000 spectateurs contre 600.000 la saison dernière avec la pourtant pénible Maïtena Biraben (et 1,5 million lors de la saison 2013-2014 d’Antoine de Caunes).

Il a essayé, dommage collatéral, de sauver Le Petit Journal, pas fait pour Cyril Eldin, dont l’audience a été divisée par trois.

De cette triste aventure, accouplement contre-nature, Isabelle Roberts et Raphaël Garrigos ont tiré un livre : Comment Vincent Bolloré a mangé Canal +. On sait en tout cas déjà comment il lui a confisqué son âme.

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