Critique scènes: Différente, comme tout le monde

Normal, le spectacle de Karen De Paduwa © Gaël Maleux
Estelle Spoto
Estelle Spoto Journaliste

Dans son presque one-woman-show présenté au Royal Festival de Spa, Karen De Paduwa démonte les clichés et les préjugés en tant que « première actrice handicapée professionnelle » de Belgique francophone. Et ça y va !

« Regardez-moi ! », implore-t-elle, après avoir raconté cette fois où une mère qui la croisait en rue a dit à son enfant « ne regarde pas ! », et avant d’entonner Ma gueule de Johnny. Car en la regardant, en l’écoutant, arrive inévitablement ce moment où, au-delà des particularités physiques qui font la différence, on verra la personne qui nous ressemble.

Karen De Paduwa (connue aussi pour ses interventions dans Le Grand Cactus, émission qu’elle a quittée cette année) mesure 1 mètre 27 et elle est actrice professionnelle. Et ce soir, avec Stany Mannaert à la guitare, à l’accordéon et comme confident privilégié, elle monte sur scène pour nous raconter sa vie, avec une bonne dose d’autodérision (les clins d’oeil à Blanche-Neige, notamment, abondent).

De l’enfance où sa petite taille ne lui servait pas de passe-droit à une rencontre ratée et décevante avec Mimie Mathy, de l’internat pour filles à un atroce voyage en voiture avec des mini-Cloclo vers un tournage d’un film de Peter Greenaway en passant par son accouchement, cette fan de Lenny Kravitz ne mâche pas ses mots, ne ménage personne et crève les abcès d’un coup d’un seul.

Tendresse et cruauté se côtoient dans ce show qui mériterait d’être un peu resserré autour de ses moments les plus forts, mais qui tient la route, et contribue à changer les regards.

Normal ! One big woman show de Karen De Paduwa : le 11 août au Royal Festival de Spa, www.royalfestivalspa.be

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