Critique scènes: Comme un gros caillou

Au jardin des potiniers © Nicolas Boudier
Estelle Spoto
Estelle Spoto Journaliste

Avec Au jardin des potiniers, les Québécois de la compagnie Création Dans la chambre et les Belges du collectif Ersatz s’allient pour transformer les spectateurs en pierres, témoins immobiles d’un monde végétal et animal en mouvement. Une réjouissante invitation à la contemplation.

Voilà une posture inhabituelle pour le public des salles de spectacles. En entrant Au jardin des potiniers, chacun est invité à se glisser prudemment sous une immense table, à s’asseoir sur un tabouret à vis et à ajuster ce dernier afin de sortir sa tête à la bonne hauteur dans une ouverture circulaire, le nez dépassant du niveau du « sol ». Ainsi calé, chacun des spectateurs (30 au total) devient une pierre dans un paysage, figée mais douée de vision, pour assister en immersion aux transformations d’un monde miniature, fait de papier et de mousse.

De manière stylisée, fleurs, arbres, insectes et bêtes sauvages prennent ici vie à distance grâce au souffle et aux mouvements minimalistes des marionnettistes répartis autour de la table. Et le spectateur-caillou d’être le témoin de tremblements de terre et d’éruptions volcaniques, de voir s’approcher dangereusement un prédateur, de subir un orage ou encore de contempler les ondulations de pétales.

En jouant sur le flux du temps (la Préhistoire en quelques minutes, la croissance d’un arbre en quelques secondes), en changeant les échelles et en réduisant pratiquement à néant la portée de l’action de celui qui regarde, ce court spectacle-installation invite à changer de perspective et donne envie, une fois sorti de son trou, de se poser dans un coin de jardin pour observer la vie alentour.

Au jardin des potiniers (à partir de 7 ans): les 18 et 19 décembre à l’Atelier 210 à Bruxelles, www.atelier210.be

Le contenu intégré souhaite enregistrer et/ou accéder à des informations sur votre appareil. Vous n’avez pas donné l’autorisation de le faire.
Cliquez ici pour autoriser cela de toute façon

Partner Content